Depuis deux mois, je sillonne les routes et autoroutes américaines. Onze mille kilomètres de paysages magnifiques, de rencontres agréables, de visites mémorables. En deux mois, il aurait pu m'arriver tout plein de trucs étranges. Mais non. Oui, un flatte, dont je vous ai déjà parlé, mais l'aventure a été agréable. Oui, une bébé tempête de sable au Nouveau-Mexique, mais c'était juste cute. Oui, une affiche qui dit qu'il y a des rattlesnakes dans le coin, mais juste l'affiche pour l'instant.
Je suis de retour à Montréal pour quelques jours. Et c'est ici qu'il m'arrive des aventures.
Vendredi, j'ai une réunion au collège Dawson. En plein centre-ville, le cégep n'a pas de stationnement: il faut garer à la Plaza Alexis-Nihon. Ce que je fais. Le stationnement est en hauteur: je suis garée au 3e étage. Je sors de la voiture et cherche la sortie piétonne. Je vois une porte qui, visiblement, donne sur une cage d'escalier. Je pousse la porte... Je descends deux étages (je suis logique, des fois: si j'étais au 3e, pour sortir sur la rue, j'avais deux étages à descendre). Viens pour ouvrir la porte: barrée. Ah ben... Je descends un étage supplémentaire (il y a peut-être un rez-de-chaussée?). Autre porte. Barrée. Je descends un demi étage pour me heurter à une porte où c'est écrit en rouge: "Porte sous alarme. L'alarme se déclenchera si vous poussez la porte." Bon. Je fais quoi, moi, là? Je remonte les trois étages et demi en me disant que la porte que j'ai poussée au 3e étage doit être débarrée, elle. Ben point pantoute. Je suis embarrée, enfermée dans une case d'escalier en béton du stationnement de la Plaza Alexis-Nihon!!! Je trouve ça presque drôle. Je viens de faire deux mois aux États, dans un pays étranger, à fréquenter des lieux inconnus à tous les jours et c'est chez moi, à Montréal, qu'il m'arrive une aventure!!! Mais j'ai beau rire, il faut toujours ben que je trouve le moyen de sortir de là!
J'appelle 411. Je parle à la )($/*!"%&*!(!$/ de voix enregistrée: "français - Montréal - entreprise - non - stationnement Plaza Alexis-Nihon." Ce à quoi la voix répond: "Vous avez demandé le stationnement de la place du Parc?" - Non. - Un moment s'il vous plait. Une madame, en chair et en os (je suppose, je ne l'ai pas vue) me répond: "Il n'y a pas d'entrée pour le stationnement Alexis-Nihon, mais j'ai quelque chose pour Alexis-Nihon. Le voulez-vous?" Évidemment. Un homme me répond, à qui je raconte toute mon histoire: "Je suis enfermée dans une cage d'escalier du stationnement et j'aimerais bien en sortir..." Il ne rit pas (il fait preuve de compassion...), mais il me dit: "C'est parce qu'ici, vous êtes chez Muffin. On vend des muffins..." Là, c'est moi qui ris dans ma tête. "Mais je pourrais vous transférer à la sécurité de la plaza, par exemple." Oui, je le veux. Le type de la sécurité arrive au bout du fil: je recommence mon histoire... "Je suis enfermée dans une cage d'escalier et je voudrais en sortir."
- Voyez-vous un numéro de cage d'escalier?
- Pas vraiment. Tout ce que je sais, c'est que je suis stationnée au 3e et que je voyais la rue Sainte-Catherine en bas.
- OK. On a quelques possibilités. Je vais vous envoyer un agent. Pouvez-vous me donner d'autres infos?
- Il y a un carrosse de peintre ou d'un gars qui fait du plâtre ou du gyproc au 1er étage. Je suis à côté.
- Ouais, c'est qu'on refait une grande partie du stationnement.
- J'ai vu, oui. C'est sale un peu chez vous...
- Mais ça va être plus beau après, vous pouvez me croire.
- Je vous crois. Je suis assez mal placée pour vous contredire, vous ne croyez pas?
- Mmmm... J'ai votre numéro de cellulaire. J'envoie un agent. S'il ne vous trouve pas, je vous rappelle.
- Ah... Je vois une autre chose: en bas d'un escalier, il y a une porte avec un écriteau qu'une alarme va sonner si je la pousse.
- Ah ben... allez-y. Ça va sonner à mon poste.
- Y'aura pas les pompiers, la police, une alarme qui va ameuter tout le voisinage?
- Non, non.
- Ben, bougez pas. Je descends les escaliers pendant que vous êtes encore au téléphone. Autant m'assurer que je suis dehors avant de vous abandonner...
J'ai poussé la porte.
- Je suis dehors! En face de moi, le Bureau en gros.
- Vous êtes sur la rue Sainte-Catherine.
- Merci beaucoup, monsieur. Bonne journée.
J'en ai ri tout l'après-midi. Enfermée dans une cage d'escalier de la Plaza Alexis-Nihon!!! À Montréal! Après avoir passé deux mois à arpenter des terrains inconnus où rien n'est arrivé! Enfermée chez nous!!! (visiblement, j'en ris encore).
Évidemment, en revenant prendre ma voiture à la fin de la réunion, j'avais aucune idée par où passer. Effe m'a expliqué... C'était correct pour me rendre au 1er étage. Mais pour me rendre au 3e, j'ai pris le même chemin que les voitures en montant les rampes. J'étais certaine de me retrouver. J'ai effectivement trouvé ma voiture. Et en gossant pour trouver la sortie, j'ai croisé Suzanne qui cherchait sa voiture. Je pense que le stationnement est mal fait. En tout cas, j'espère que Suzanne a trouvé son char: elle prend l'avion la semaine prochaine pour Paris. Ça serait plate qu'elle manque son avion parce qu'elle est perdue dans le stationnement de la plaza Alexis-Nihon!
Maudit que t'as pas d'allure!
RépondreSupprimerCarole
Vive le cellulaire!
RépondreSupprimerca marche
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