J’ai profité de mon séjour en Outaouais pour aller faire un
tour de l’autre côté de la frontière… oups, de la rivière, je veux dire. Je me suis installée pour deux jours au
camping municipal de Tawa avec Azarius. Chouette endroit, en plein milieu de…
la forêt. Oui, je sais, c’est le camping
municipal de la ville.
En ce samedi matin, je suis allée faire une visite au Musée
canadien de la guerre. Visite didactique
s’il en est une. Vous le savez, j’aime
la guerre. Ben, dit comme ça… je ne
voudrais pas que vous pensiez que j’ai l’âme belliqueuse. Loin de là!
Mais tant qu’à s’être tapés dessus dans le passé, autant essayer de
comprendre pourquoi. Et ce musée-là est
fascinant parce qu’il traite des guerres «canadiennes»: d’abord celles
contre les Amérindiens, puis toutes les guerres où la France ou la Grande-Bretagne
se sont mêlées de ce qui est arrivé ici.
Quand on arrive dans les guerres du XXe siècle (et Dieu sait
s’il y en a eu), on voit plutôt l’apport de l’armée canadienne aux différents
conflits. Ça va de la Première Guerre
mondiale aux différentes missions des Casques bleus de l’ONU auxquelles
participent les soldats canadiens, en passant par les autres conflits du siècle
et, oui, la part de l’armée dans la crise d’Octobre 1970.
En ressortant de là, j’ai décidé d’aller à Carp. Carp?
Oui, oui, Carp. C’est dans la
banlieue éloignée ouest d’Ottawa. «Quessé
qu’y’a à voir là?» que je vous entends demander. Le Diefenbunker. Le bunker construit au cout de 44 millions de
dollars canadiens en 1959 par le gouvernement Diefenbaker. Bunker où ledit Diefenbaker n’est jamais
allé. En fait, le seul Premier ministre
canadien a y être allé a été Pierre Elliott Trudeau, en 1977 : il a
visité, mangé une croute et a décidé de couper de moitié le budget de
fonctionnement du bunker.
Ce bunker-là a été érigé en pleine Guerre froide, au moment
où les pays avaient peur que les deux grandes puissances (les États et l’URSS)
se tirent dessus à coups de bombes nucléaires, ce qui aurait été plutôt fatal
pour l’ensemble de la planète. De 1961 à
1994, plus de 100 personnes
travaillaient à temps plein dans le bunker, prêtes à accueillir le Premier
ministre, le Gouverneur général, des ministres, des généraux et tout un paquet
d’employés qui auraient continué à diriger le pays au moment d’une attaque
nucléaire.
Toute la patente est sous la terre : quatre étages sous
la terre. Superficie totale? 9300 mètres carrés. C'est immense! Mais les claustrophobes
peuvent survivre : c’est grand, c’est plein de couloirs qui vont de salles
en salles et on finit toujours par croiser quelqu’un. On ne se sent pas trop enfoui. C’est sûr qu’après un mois sans sortir (le bunker avait de quoi faire vivre une centaine de personnes pendant 30 jours - avec de plus en plus de bouffe en canne au fil des jours...), on doit commencer à
avoir le teint vert. J’avais aussi eu
cette impression de «non-enfermement» à la mine de sel souterraine de Wieliczka en Pologne (oh
que ça se glisse bien, ça, de dire que je suis allée en Pologne!). Comme le bunker date des années soixante, ben
le mobilier aussi : ordinateurs, téléphones, tables et chaises… C’était vraiment une autre époque!
La visite guidée – en anglais – a été très
intéressante. C’est une partie de la vie
du pays qu’on ne connait pas : c’est sûr, il fallait que l’existence même
du bunker soit gardée secrète! C’était
un bunker après tout!
En 1994, le gouvernement a décidé de s’en départir : la
nouvelle détente mondiale (surtout causée par l’effondrement de l’empire
soviétique et du bloc communiste) ne nécessitait plus qu’on garde un tel bunker
pour gouverner le pays en cas d’attaque nucléaire. Le gouvernement a voulu le détruire, mais la
ville de Carp l’a racheté pour 2$ avec l’obligation de l’entretenir. Aujourd’hui, c’est un organisme sans but
lucratif qui le gère et les profits servent à alimenter la bibliothèque de la
ville qui est juste à côté. Vous voulez
mon avis? (je vous le donne pareil):
Il n’aurait pas fallu que ce bunker disparaisse. Son histoire – ou plutôt l’Histoire qui a
obligé sa création – est trop importante dans les relations internationales du
XXe siècle pour qu’on oublie qu’on a déjà eu peur de faire sauter la
planète.
J'avais entendu parler de ce bunker mais j'ignorais qu'il existait encore. Nous irons y faire un tour lorsque nous passerons par Carp. Merci de nous avoir faire découvrir cela.
RépondreSupprimer