Après
4 heures d’attente, 9 heures d’avion et 11 heures de route, je suis arrivée à
Grande-Rivière, en Gaspésie, pour le Grand Rassemblement annuel des Safaris
Condos. Rappelez-vous: j’avais changé ma
date de retour d’Espagne pour participer à cette rencontre toujours agréable d’un
paquet de condistes. Je suis arrivée à
12h, samedi, juste à temps pour la visite – privée! (avec le bedeau) – de
l’immense église de la place.
Le
clou de ma journée a sans aucun doute été la conférence que j’ai donnée sur mon
roadtrip aux Zétats, aux quelque 300 voyageurs présents. La différence entre cette présentation et
celle que je fais aux portes ouvertes tient à plusieurs choses. Premièrement, le temps: Michèle m’avait octroyé 60
minutes (au lieu des 20 habituelles); bon, j’en ai fait 90 (au lieu de 30…). Comme quoi, il ne faut pas toujours donner le
crachoir à un prof qui a de quoi à raconter et une certaine propension à faire
des digressions! Ensuite, aux portes ouvertes,
je m’adresse à des gens qui sont intéressés à acheter un Safari Condo mais qui
n’en ont pas; au Rassemblement, je m’adresse à des gens du voyage, qui ont déjà
sacré leur camp quelque part. Il me
fallait donc parler de «mon» voyage, de ce qui m’avait semblé intéressant ou
original. Pis, sans fausse modestie, j’ai
plutôt réussi. Juste le fait que j’ai
étiré ma présentation et que personne ne s’est levé pour partir est déjà un
indice. Pis le fait que tout le monde s’est
levé… pour me faire une ovation à la fin en est un autre.
Pour que tout ça soit digeste, j’avais fait ça
par «thème», en commençant par la «Première semaine» où j’ai raconté toutes les
petites difficultés ou les angoisses que j’avais vécues. C’est que je partais avec un campeur que je
ne connaissais presque pas… Alors, c’est
à lui que j’ai rendu le plus bel hommage: Azarius s’est révélé le meilleur
compagnon de route que je pouvais avoir.
Après, j’ai parlé des routes (tant les autoroutes que les petits chemins
– appelés quand même highway – que l’autoroute
marine en Alaska); des villes (toutes sortes de photos des villes que j’ai
croisées); du stock fait de main d’homme (par exemple, un pipeline en Alaska).
À travers mes diapositives PowerPoint, j’avais fait un montage des photos des
parcs nationaux du sud-ouest avec la musique du chœur des Mormons de Salt Lake
City – ça a donné le motton à quelques personnes. J’ai aussi présenté des affaires inusitées
(des affiches de routes, de noms de ville, des photos un peu étranges – et Dieu
sait que je suis capable d’en prendre!); des éléments de la nature (fleurs, arbres
et autres verdures); des vues des différents plans d’eau rencontrés; des
animaux plus ou moins sympathiques. J’ai
fait une section «Je suis une touriste et je m’assume» (mettons, le tour de
bateau à aubes à la Nouvelle-Orléans), une autre «Bon, OK, c’est vu» (genre, le
mont Rushmore…) et une autre «C’est pas parce qu’on a de l’argent qu’on a du
gout» (Graceland et le Hearst Castle). J’ai fini par parler des rencontres (la
famille, les amis, d’autres condistes et les autres étranges…), ce que je n’ai
pas pu voir, ce que j’ai aimé et un genre de bilan de tout ça: si c’était à
recommencer, comment je m’y prendrais?
Vous
comprenez pourquoi ça m’a pris 1h30?
Parce qu’en plus, je trouve le moyen de faire ça drôle… J'avais commencé tout ça par une discussion entre Fanfreluche et moi: sur un film, je jouais Fanfreluche, à qui je répondais alors que j'étais sur la scène. Non, mais. Mongole, non? Après, il y a tout plein de gens qui sont
venus me voir pour me remercier de leur avoir raconté mon voyage, certains
parce qu’ils étaient passé par les mêmes endroits, d’autres parce qu’ils
avaient peut-être un jour l’intention de faire quelque chose du genre. Mais surtout pour me dire que j’avais bien du
talent pour parler devant le public (ah oui?)…
Même Johanne (la sœur de Daniel) est venue me dire qu’elle était
flabeurgastée de ma présentation pour deux raisons: la première, pour mes
talents oratoires, et la deuxième, parce qu’elle était certaine que j’étais
tombée dans la potion Safari Condo dès qu’Azarius avait été baptisé et de voir que
j’avais des inquiétudes, que j’avais dormi à l’hôtel plutôt que dans le camion
les premiers soirs alors qu’il n’était pas encore déshivernisé, ça, ça ne lui entrait pas dans
la tête. Elle ne pouvait pas croire que
j’avais un peu peur de mon homme… Mais
elle a bien aimé que je dise à quel point j’aimais vider ma cassette à
marde. Pas pour le plaisir de voir
passer mes vieilles déjections, voyons donc.
Mais surtout parce que j’ai dit que si je la vidais, c’est que je l’utilisais. Et que c’est là pour ça: pour qu’on l’utilise!
Ce que certains condistes ont peur de
faire. Alors, malgré moi, j’ai un peu
démystifié des affaires…
Le
dimanche, on a eu droit, comme d’habitude, après le déjeuner, à la grand-messe
de Daniel. Cette année, il a
particulièrement parlé des nouveautés à venir (il travaille sur un nouveau
camion, entre le GM – comme Azarius – et le plus gros Sprinter) et a répondu
aux questions des condistes qui s’inquiètent de toutes sortes d’affaires sur
leur camion. Je suis toujours étonnée de
voir que les gens posent des questions super personnelles dans ce genre de
grand-messe où il y a 150 personnes: «Moi, là, dans mon camion…», ce que mes
Divas et moi, on appelle du «moi, dans mon stage…». Ça me rassure aussi de voir que les questions
sont parfois niaiseuses…
On
a fini la fin de semaine mouillée (parce qu’il a plu toute la fin de semaine) à
manger en petit troupeau dans la l’aréna, prêtée par la municipalité pour l’occasion. Encore une fois, les condistes partis, rien
ne paraissait: on n’aurait jamais dit que 200 camions avaient passé le weekend
là, sur le gazon. C’était propre,
propre, propre! Ça continue de m’impressionner. Et je continue à me dire que je fais partie d’une
tellement belle gang.
J'aimerais bien entendre et voir cette conférence. Vous pourriez pas agrandir la famille aux classes B de tout azimuts?
RépondreSupprimerOu peut-être un jour monter une petite video et le mettre sur ce blogue, je cliquerais dessus, c'est certain.
Bonne idée la vidéo. Est-ce quelqu'un t'a filmée?
RépondreSupprimerAh ce que j'aurais aimé voir ça!!Lundi après midi, j'ai rencontré un couple d'amis qui étaient au GR et ils m'ont parlé de toi, comment ils ont été impressionnés par ton professionnalisme et ton sens de l'humour...Lâche pas Julie et continue à nous faire rire, tu es tordante...Que Lise Dion aille s'assoir, Vive Julie Roberge...(même si j,adore Lise D)....
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