Ben, c'est pas parce qu'on est ailleurs qu'on ne travaille pas, surtout le vendredi. En principe, c'est une journée de semaine.
Mes amis Camil, Denise, Richard et Micheline ont décidé d'aller faire un tour de vélo dans les environs. Je les trouve bien braves. Je préfère encore rester sur place et garder le campement! Je me suis installée sur une table à piquenique, j'ai mis un peu de musique instrumentale dans mon mini hautparleur, j'ai sorti mon roman, mes crayons de couleur, mon ordinateur, mes post-its, mes lunettes et je me suis mise à travailler. Le calme absolu. L'odeur des feuilles. Le fantastique roman Le Jour des corneilles de Jean-François Beauchemin. Plus je le lis, plus je l'aime. Mais plus je me rends compte qu'il n'est pas facile à comprendre pour mes étudiants.
"Nous logions, père et moi, au plus épais de la forêt, dans une cabane de billes érigée ci-devant le grand hêtre. Père avait formé de ses mains cette résidence rustique et tous ses accompagnements. Rien n'y manquait: depuis l'eau de pluie amassée dans la barrique pour nos bouillades et mes plongements, jusqu'à l'âtre pour la rissole du cuissot et l'échauffage de nos membres aux rudes temps des frimasseries. Il y avait aussi nos paillasses, la table, une paire de taboureaux, et puis encore l'alambic de l'officine, où père s'affairait à extraire, des branchottes et fruits du genièvre avoisinant, une eau-de-vie costaude et grandement combustible." (p. 11)
Oh que l'après-midi a été extraordinaire.
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