Je manque sans doute d’inspiration pour les titres de mes
billets… Mais ce n’est pas de ma faute si la magie tourne autour de moi.
Mercredi mouillé. Ça ne m’empêche pas de me promener avec
Azarius… Si vous me suivez bien, j’avais écrit, le 1er aout, jour de
mon retour: «Encore d’autres, dont je sais les noms et que je devrais revoir: Michel
et Francine, rencontrés sur le Bella-Desgagnés, à qui j’ai promis une petite
visite…» Michel et Francine qui, une
fois débarqués sur la terre ferme, prenaient la route du Labrador avec leur
campeur. Chose promise, chose due, chose faite. Chose adorée.
J’ai abouti à Rougemont vers 16h. Michel est en réunion. Je
ne suis pas pressée; malgré la pluie et le frais, je m’installe sur le balcon
et je lis les articles pour ma réunion de vendredi. Parce qu’il a vu Azarius
dans le stationnement, Michel sort de la bâtisse, les bras grands ouverts: «Julie!!!
Je suis tellement content que tu sois venue!!!» Gros câlins. Je suis vraiment
contente de le revoir, 47 jours après avoir débarqué à Blanc-Sablon. «Francine?
Viens-t’en, on a de la visite!» V’là Francine qui débarque, elle aussi les bras
grands ouverts: «C’est vraiment le fun que tu sois venue!» Non, mais, tu parles
du monde sympathique! Je n’en ai jamais douté: on avait eu des moments
agréables ensemble devant un café au camping des Cayes d’Aguanish et sur le
Bella-Desgagnés, dans le frette et la pluie. Ça ne pouvait pas faire autrement,
maintenant qu’on était rentré dans nos terres respectives.
Faque là, en ce mercredi soir, jase, pis jase, pis jase. Pis
«Tiens, on va se prendre un verre de cidre…» Pis jase, pis bois un peu, pis
jase. Pis «Tu restes-tu à souper? Ça va être à la bonne franquette par exemple!»
Pis jase, pis reste à souper. Pis jase, pis rit, pis partage une bonne
bouteille de vin. Pis jase, pis regarde les photos de Terre-Neuve, du Labrador,
de Schefferville. Pis jase: voyages, Safari Condo, campeur, salon du VR,
Antarctique, Europe, Moab, rencontres fascinantes et enrichissantes. Pis jase: Red Bay, Goose Bay,
Churchill Falls, LabCity, Fermont, Manic-Cinq. On est d’accord: faire la
route du Labrador, c’était mythique. Beau, oui. Démesuré, oui. Complètement
débile, oui. Ours, épinettes chenues, grandes plaques de roc, forêts, rivières.
Mais on est tellement contents de l’avoir fait! Parce qu’on l’a fait,
justement. Le feeling émouvant d’avoir vu l’affiche «389 – FIN», ils l’ont
aussi vécu. Faut avoir conduit les 1700 km de 510, de 500 et de 389 de garnotte
et de bitume pour comprendre l’euphorie de cette arrivée. On ne ressort pas
tout à fait indemne d’une telle traversée.
On a passé la soirée à trinquer au Labrador, au
Bella-Desgagnés et à l’amitié. Et ce soir, je couche avec Azarius avec un
immense verger à mes pieds!

Vous êtes presque arrivés à me convaicre de la faire cette route du Labrador. Vous êtes les premiers à clamer haut et fort qu'elle en vaut la peine.
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