Michèle me dit, en avant-midi, qu’on avait rendez-vous autour de son campeur pour 16h. Comme on a à travailler sur les 20 ans de Safari Condo (party prévu en 2018), je lui dis que je serai là, mais peut-être pas tout à fait à 16h: si je suis en plein milieu de la correction d’une dissertation, ça ira à un peu plus tard. 16h arrive… et je suis effectivement dans le milieu d’une copie. 16h10… Michèle est à ma porte alors que je termine. Je me ramasse, je m’habille (on gèle: le manteau, la tuque, les gants), j’attrape ma chaise et je la suis, en zigzagant entre les campeurs. On débouche sur notre «place» et j’entends tout le monde qui se met à chanter: «Ma chère Julie, c’est à ton tour, de te laisser parler d’amour…» J’ai l’air d’une innocente de premier ordre avec ma chaise sur la tête (que j’apportais autour du feu), en bégayant: «Ben voyons donc! Qu’essé ça?» Mon anniversaire est passé depuis deux mois et demi!!!
C’est que Michèle et Daniel n’avaient pas pu venir à la
jolie fête organisée par mon papa à la mi-septembre, alors ils se sont repris
de belle façon cette fin de semaine. J’ai eu droit à un Olaf pendu à un arbre,
Olaf que j’ai dû frapper, les yeux bandés comme il se doit, pour essayer de le
casser. Ce que j’ai réussi à faire en
trichant un peu. Faut dire que Daniel ne m'aidait pas pantoute!!!
Et là, un bon paquet de petits pots de pilules (ben oui, on
est rendus là!) et un bon paquet de cadeaux inutiles sont sortis de l’Olaf
éventré! Si les bébelles inutiles sont touchantes parce qu’elles ne servent à
rien (ou si peu), les petits mots écrits par les amis (et les moins amis) sont
immensément émouvants. Chaque fois que j’ouvrais un petit pot de pilules, je
découvrais ce que des membres de cette jolie gang pensaient de moi. Ouf.
C’est un peu dur sur l’émotion, ça.
Souriante, engagée, fidèle, lumineuse, drôle, généreuse, unique,
énergique… Vous voulez que je continue?
Des mots, comme ça, il y en avait une bonne trentaine. Des drôles, des touchants, des fous, des
originaux…
Et il a fallu que je fasse un discours, après ça. Misère.
Il y a longtemps (ben, pas tant que ça, une dizaine d’années tout au
plus…) que j’ai accepté mon immense sensibilité. Et que si je braille dans des
circonstances comme ça, je ne peux rien y faire: il faut que ça sorte. Denis avait beau déconner et faire rire les
gens comme seul lui est capable de le faire, je n’arrivais pas à retenir mes
larmes… et je pense que certains amis y sont passés aussi! Comment est-ce que je pouvais remercier tous
ces gens de l’immense dose d’amour qu’ils venaient de me donner? J’ai un but,
dans la vie: être, chaque jour, un meilleur être humain. Pas toujours facile,
j’en conviens. Mais j’essaie. Ce qui s’est passé en ce samedi après-midi m’a
montré que je réussis sans doute un peu à rendre les gens heureux autour de
moi. Cette gang-là me fait du bien, en gang ou à travers les individus qui la
composent. Azarius m’a beaucoup aidée à vaincre ma timidité (je sais, c’est
difficile à croire, mais je suis une fille timide…) et je ne remercierai jamais
assez Safari Condo d’exister dans ma vie. Mes derniers mercis ont été pour
Daniel et Michèle, d’être ce qu’ils sont, et surtout d’avoir su créer, autour
d’eux, cette gang qui gonfle le cœur de bonheur. C’est ce que je leur ai dit,
les yeux baignés de larmes et la voix tremblante, avant de leur faire, à
chacun, un immense câlin.
Je suis rentrée dans Azarius pour aller porter mes bébelles,
j’ai encore éclaté en sanglots… et j’ai eu besoin de ventiler un peu. C’est sur
un ami montréalais que c’est tombé. Un long texto pour me replacer les émotions
un peu. Émotions qu’il a comprises. Je suis vraiment entourée de gens
merveilleux.


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