jeudi 12 décembre 2019

Souvenir d'évacuation dans la neige.


Hier, vers 16h, le cégep a été évacué à cause de la fumée au 3e étage (croyez-moi, il y en avait, j'y étais!), vraisemblablement reliée à des travaux sur le toit du théâtre Desjardins. J’ai eu le temps de prendre mon manteau et mon sac avant d’évacuer les lieux. Plusieurs enseignants, étudiants ou employés qui n’ont pas pu passer à leur bureau ou à leur casier sont sortis dehors pas vraiment vêtus pour ça. On s’est collés, on s’est ramassés dans les voitures, on s’est prêtés des vêtements.

Une fois dehors, avec les gyrophares des nombreux camions de pompiers, la neige qui tombait doucement, les gens qui marchaient dans toutes les directions pas toujours vêtus correctement, j’ai eu une pensée pour Polytechnique dont on vient de marquer le 30e anniversaire. L’inquiétude des gens de Poly qui ne savaient pas trop ce qui se passait, les gyrophares, les sirènes des véhicules d’urgence, l’absence de téléphone cellulaire pour prendre des nouvelles des autres, le froid, la désorganisation inhérente à ce genre d’évacuation (les exercices d’évacuation se déroulent toujours tellement bien!), les questions que tout le monde se pose et pour lesquelles on n’a pas de réponse… Oui, une pensée pour tout ce qui s’est passé à Poly: le féminicide, oui. Mais aussi les premiers répondants, les parents et les amis, les profs, les employés, les journalistes (mon ami Yves Désautels a rappelé de façon très touchante son arrivée sur la montagne au micro de Patrick Masbourian la semaine dernière). Trente ans plus tard, comme tout le monde, je suis restée marquée par Poly.

Heureusement, chez nous, personne n’était en danger et tout s’est terminé dans le calme vers 17h30. Et la neige a continué de tomber, doucement.

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