Hier, vers 16h, le cégep a été évacué à cause de la fumée au
3e étage (croyez-moi, il y en avait, j'y étais!), vraisemblablement reliée à
des travaux sur le toit du théâtre Desjardins. J’ai eu le temps de prendre mon
manteau et mon sac avant d’évacuer les lieux. Plusieurs enseignants, étudiants
ou employés qui n’ont pas pu passer à leur bureau ou à leur casier sont sortis
dehors pas vraiment vêtus pour ça. On s’est collés, on s’est ramassés dans les
voitures, on s’est prêtés des vêtements.
Une fois dehors, avec les gyrophares des nombreux camions de
pompiers, la neige qui tombait doucement, les gens qui marchaient dans toutes
les directions pas toujours vêtus correctement, j’ai eu une pensée pour
Polytechnique dont on vient de marquer le 30e anniversaire. L’inquiétude
des gens de Poly qui ne savaient pas trop ce qui se passait, les gyrophares, les
sirènes des véhicules d’urgence, l’absence de téléphone cellulaire pour prendre
des nouvelles des autres, le froid, la désorganisation inhérente à ce genre d’évacuation
(les exercices d’évacuation se déroulent toujours tellement bien!), les questions
que tout le monde se pose et pour lesquelles on n’a pas de réponse… Oui, une
pensée pour tout ce qui s’est passé à Poly: le féminicide, oui. Mais aussi les
premiers répondants, les parents et les amis, les profs, les employés, les
journalistes (mon ami Yves Désautels a rappelé de façon très touchante son
arrivée sur la montagne au micro de Patrick Masbourian la semaine dernière).
Trente ans plus tard, comme tout le monde, je suis restée marquée par Poly.
Heureusement, chez nous, personne n’était en danger et tout
s’est terminé dans le calme vers 17h30. Et la neige a continué de tomber,
doucement.
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