Vendredi, 13h30.
Je pars de Montréal, direction Eastman pour
aller passer la veillée chez mes amies Chantal et Lyette. Avec un petit saut chez
Hachem, aux promenades Saint-Bruno en chemin… Et vous qui pensiez que ça allait
bien se passer.
Gougueulemappe m’indique que ça va aller plus vite par la rue Notre-Dame et le pont Jacques-Cartier, plutôt que de prendre le tunnel Lafontaine. Je veux bien.
Une heure de trafic ben tassé sur la rue Notre-Dame pour
cause de travaux au coin de Pie IX et Notre-Dame, rapport qu’on passe à une
voie. Un policier sur le coin, ça leur aurait pas tenté? Je veux dire, une
heure pour faire 6 kilomètres, ça me parait un peu long…
Je tourne sur Papineau direction nord. C’est jammé :
deux autos en panne, pas de policiers pour aider à passer à une seule voie. En
prime? Trafic sur le pont Jacques Cartier. Une heurédmi plus tard, je finis
par arriver chez Hachem. Heureusement, ils ont ce que je veux, mais la petite à
l’accueil est pas particulièrement débrouillarde: je lui demande avec
quoi est-ce que je pourrais enlever la peinture sur de la vitre… «Euh, je
sais pas trop, là…» Ça te tenterait pas de demander à quelqu’un d’autre,
dans le magasin? Chus comme déjà un peu à boutte, mais la journée est loin d’être
terminée, vous qui pensiez que ça allait ben se passer.
J’ai un colis à envoyer à mon amie Sylvie, à Notre-Dame des
Bois. Je pitonne sur mon téléphone et trouve une pharmacie où il y a un
bureau de poste, à Carignan. Ben, pouvez-vous croire qu’ils ne vendent pas de
timbres, au bureau de poste? Ils ne font que récolter les colis déjà timbrés. Ben
voyons donc. Je repars en quête du bureau de poste de Chambly.
J’arrête au Tim Hortons pour m’acheter un grigne cheese
et un beigne crème Boston au chocolat pour diner. J’ai d’abord reçu un beigne
crème Boston à l’érable. Messemble que le chocolat pis l’érable, ça ne se
ressemble pas ben ben. Faque j’ai demandé à avoir un beigne crème Boston au
chocolat. Ben, pouvez-vous croire que qu’il n’y a pas de crème dans mon beigne
crème Boston au chocolat? Et vous qui pensiez qu’un beigne crème Boston, fut-il
à l’érable ou au chocolat, y’avait de la crème Boston dedans? Pfff.
Je finis par arrêter au bureau de poste de Chambly. La madame
au comptoir a timbré mon petit colis et là, je lui demande quand est-ce que ça
va arriver… «C’est où, ça, Notre-Dame des Bois?» Quoi??? Elle ne
connait pas Notre-Dame des Bois dont on a parlé à la radio de Radio-Canada la
semaine passée? C’est à côté du Mont Mégantic, que je lui réponds. «C’est-tu
ben loin, ça?» Et vous qui pensiez que les gens de la poste connaissaient
le Québec…
Bon, là il est 16 heures, ça fait trois heures que je suis
partie de chez moi, et je suis toujours juste à Chambly. Mais au moins, je
pars.
J’arrive chez Chantal et Lyette avec l’intention de me
sacrer dans le lac d’Argent. J’ai juste envie de me laisser tremper. Je me
change dans le camion, je suis toutrempe juste à me mettre en costume de bain,
je marche jusqu’à la servitude qu’on peut emprunter pour se baigner et que vois-je
au bout? Une clôture Frost qui empêche d’aller dans le lac. J’avais apporté ma
chaise pour lire un peu au bord du lac, mais je me fais littéralement bouffer par
des crisses de mouches noires. Je rebrousse chemin sans m’être mis le petit
orteil dans l’eau. Et vous qui pensiez que c’était facile de se baigner.
Chantal et Lyette arrivent et j’apprends que la clôture, au
fond, ne sert à presque rien: à dissuader les canards de monter sur le terrain.
Je soupire. Mais au moins, je me baigne avec Chantal.
Heureusement, le reste de la soirée fut agréable! On a bien
mangé, un peu bu (vraiment peu) et comme il a fait 15 pendant la nuit, j’ai
très bien dormi dans les bras de mon homme. Oui, vous pouvez penser que ça s’est
bien passé.
Samedi, 13h.
Après avoir déjeuné avec Lyette et Chantal, je pars pour Racine.
Je voulais (re)voir le petit marché tellement sympathique de ce non moins
sympathique village. C’est fou comme il a changé depuis 20 ans que je ne le fréquente
plus. Quand j’étais avec Yves, c’était un village ordinaire, sans cachet. Mais
là, avec la fromagerie de la Nouvelle-France, la charcuterie Les cochons tout
ronds, le marché public, la boulangerie-pâtisserie et le boucher, ça a renipé
le village pas-t’à-peu-près. Mais comme je ne savais pas trop ce que je voulais
acheter, j’ai viraillé pas mal. Ça n’a pas été facile.
Samedi, 16h15.
J’arrive chez André, à Sherbrooke. Tant qu’à descendre en
Estrie, autant rentabiliser mes déplacements! Alors, après Chantal, je m’invite
chez André, mon ancien étudiant qui vient de revenir, avec femme et enfants, de
10 ans aux États-Unis. Anne-Catherine s’est trouvé une job de prof-chercheuse
en chimie à l’université de Sherbrooke. La maison qu’ils ont acheté est pas mal
cool… mais remplie de vices cachés. Ils ont pour plusieurs (plusieurs!) dizaines
de milliers de dollars à mettre là-dessus pour la mettre aux normes
(électricité, plomberie, plancher du sous-sol et fondation). Et moi qui pensais
que c’était une belle maison…
Dimanche, 15h15
Je suis assise dans la salle du cinéma Le tapis rouge de
Trois-Rivières. Je viens voir le film UZEB en fusion, moi qui ai tous les
records de ce groupe de jazz fusion des années 1980-1990. J’ai tellement écouté
ça, UZEB. Pis le film était vraiment bon, ce qu’ont aussi dit les critiques. Et
vous qui pensiez que j’étais pour aller au cinéma à Sherbrooke!...
Dimanche, 20h30
Je suis de retour à la maison. Je me dis qu’il faudrait que
je travaille… Mais mon ordinateur refuse de se charger. Je ne comprends pas.
Peu importe le fil que je plogue (dans la prise électrique ou dans la prise
USB-C), il ne se passe rien. Je suis découragée. Un ordinateur qui lâche à 10
jours de partir en France, alors que les journées à venir sont ben pleines et
que j’ai un livre à écrire, c’est crissement chiant. Mais, pour une raison qui
m’échappe (une autre), il s’est mis à charger un moment donné. Et vous qui
pensiez que j’allais devoir aller visiter un réparateur (moi aussi, je le
pensais).
Bon. Belle fin de semaine. Il a fait beau, il a fait chaud, je me suis baignée dans le lac d’Argent et dans la piscine chez André, il a fait frais la nuit pour dormir. Et vous qui pensiez que j’allais encore chialer…
Ça ne te tenterait pas de déménager en Estrie?
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