Non, ce n’est pas deux endroits visités en ce magnifique samedi. C’est plutôt les noms de deux immenses cargos qui se sont croisés dans les écluses de Beauharnois. Parce que oui, j’ai visité les écluses de Beauharnois aujourd’hui. N’essayez pas de comprendre.
En fait, j’ai commencé par visiter la centrale hydroélectrique de Beauharnois, la 4e en importance au Québec quant à la production d’électricité, derrière les trois complexes de La Grande 2-3 et 4. La 5e est le complexe de Manic-5. Je fus surprise d’apprendre ça. Rapport que le barrage de Beauharnois n’est pas spectaculaire… Mais il comprend 36 groupes turbines-alternateurs qui génèrent 1900 MW! Manic-5 ne fait que 1596 MW…
Le barrage a été construit à la fin des années 1920 pour «concurrencer» la toute puissante Montreal Light, Heat and Power et créer la Beauharnois Light, Heat and Power (c’était pas trop trop original…). Les suites de la crise de 1929 et des malversations financières (entre autres des pots-de-vin donnés aux gouvernements libéraux canadiens et québécois pour avoir le droit de détourner le Saint-Laurent – Mackenzie King avait été obligé de démissionner à la suite du «Scandale de la Beauharnois») ont eu raison de la BLH&P. Elle a été rachetée par… la MLH&P. Toute est dans toute. Hydro-Québec va finalement racheter la toute puissante MLH&P.
Le barrage de Beauharnois a été construit… sur un terrain, avec du gazon et du roc en dessous. Une chance, parce que c’est pézant, toute cette quincaillerie. Pour qu’il fonctionne, ça lui prend quoi? Ben oui, de l’eau. Alors, on a creusé le canal de Beauharnois qui dévie le Saint-Laurent entre le lac Saint-François et le lac St-Louis, canal long de 24 km, large de 1 km et profond de 10 m. Une folie, pour l’époque. Ça a déplacé plus de «déchets de construction» que le canal de Panama! Aujourd’hui, le canal de Beauharnois fait partie de la voie maritime du Saint-Laurent et comporte deux écluses. Il y a toujours ben 24 mètres de dénivelé entre les bouts des 24 km creusés!
Le barrage est une merveille architecturale: à l’époque, l’art déco était à la mode, alors pourquoi ne pas faire un barrage au look art déco? Aujourd’hui, le barrage (et sa réfection) a gagné tout plein de prix d’architecture et est classé «lieu historique national».
Plate de même, on ne peut pas prendre de photo au barrage, par peur d’espionnage industriel. J’ai tout plein d’images dans ma tête.
Mais, comme le barrage a donné lieu au canal, je suis allée voir les écluses… avec le grand bonheur de voir deux immenses cargos se croiser à l’heure du souper. Le Jamno arrivait de Montréal. Il s’est enligné dans la première partie de l’écluse. On lui a donné de l’eau et le bateau est monté à la hauteur de la deuxième partie de l’écluse. C’est là qu’il a croisé le Whitefish Bay (un cargo de la Canada Steamship Lines) qui lui, arrivait des grands lacs. Le Whitefish Bay est entré dans la première partie de l’écluse et on l’a descendu à la hauteur du fleuve Saint-Laurent et de Montréal. Toute cette manœuvre a duré pas loin de deux heures. C’est qu’on déplace pas ça de même, des cargos de marchandises.
| Le côté du Jamno, un peu râpé par les murs... (l'autre bateau était pareil!) |
| Le Jamno prêt à avancer dans la 2e écluse |
| Méchant bateau! |
| Au loin, le Whitefish Bay, qui attend dans l'autre écluse, de descendre un peu |
| Le Whitefish Bay qui va entrer dans la première écluse |
J’ai trouvé tout ça franchement impressionnant.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire