samedi 15 mai 2021

Le plaisir d'aller corriger ailleurs

En ce vendredi, je me suis ramassée ailleurs. Parce que je suis très à boutte d’être chez moi.

Un parc presque tranquille : le parc de la voie maritime du Saint-Laurent de Beauharnois. Une pointe de terre avec d’un côté, le lac Saint-Louis (un gonflement du Saint-Laurent) et de l’autre, les écluses de Beauharnois où passent d’immenses bateaux entre les grands lacs et l’Atlantique. Je trouve ça tellement impressionnant d’être tout près de ces bateaux. Il n’en passe pas des tonnes, mais quelques-uns par jour.

Depuis que je me suis installée, vendredi en fin d’après-midi, je corrige… et j’observe. Comme dirait Charles Tisseyre : « Fascinant! »

Vendredi soir, un bateau en contrejour dans l’écluse. Je suis impressionnée.

Des jeunes assis sur le capot des voitures qui jasaient (les jeunes, pas les voitures).  Trop loin de moi pour que je vois si les mesures sanitaires étaient respectées, mais quelque chose au fond de moi en doute…

Samedi, alors que je corrige toujours, c’est plutôt des familles ou des pêcheurs qui sont autour de moi. Et pas pantoute de masques.


 

Plusieurs véhicules récréatifs. Je ne sais pas combien restent à coucher, mais moi, je serai encore là avec Azarius. Le soleil est bon, le vent est bon, je travaille dans le campeur.

Deux campeurs se sont installés en plein milieu de la route dans le gazon. Les deux couples ne réalisent pas que les véhicules sont obligés de les contourner… Ils jouent à la pétanque dans le gazon pendant que les chars les contournent. Ils sont vraiment seuls au monde, ceux-là.

J’ai levé le toit pour avoir de l’air.

Deux immenses bateaux se croisent. L’un vient de terminer la descente des écluses pour être à la hauteur du fleuve. L’autre attend pour monter les deux écluses qui vont l’amener dans le lac Saint-François, à la hauteur de Valleyfield, 45 mètres plus haut.



 

Pas trop loin, des gars qui pêchent en bas de la côte et leur blonde qui écoutent de la musique. Je pense qu’ils poussent leur générosité jusqu’à vouloir que toute la place écoute la même musique qu’eux. Une des filles crie à son chum, en bas : « On s’en va virer à Valleyfield, je te rapporterai une Mr Big! » Ben oui, c’est ça, allez donc virer à Valleyfield. La musique s’est tue.

Passe un vieux Winnebago qui pue le diésel ou la vieille huile. Il a l’air en fin de vie.

Un gros F-150 conduit par un petit Sud-Américain. Clairement, le camion est trop gros pour lui.

Y’a un épais qui fait des 8 avec son camion… sur le gazon. Criss d’épais.

Un papa passe, en marchant, avec son fils d’à peu près 5 ans qui tient un gros Labrador noir en laisse. Le chien est de toute évidence un gros toutou.

Un couple dans la soixantaine arrive en Gold Wing. La femme en descend. L’homme l’attire vers lui, veut l’embrasser. Elle se défile; il réussit à lui donner un bec sur le front. Ils vont marcher un peu et reviennent en se tenant la main. Ils jasent en avant de la moto : il l’attire vers lui par la taille, veut l’embrasser. Elle se défile encore : « C’est trop près de la bouche », que je l’entends lui dire. Ils rient un peu, nerveusement. Elle ajoute : « J’ai des principes! » Il ajoute: « Ça fait quand même une semaine qu’on se connait! » C’est elle qui conclue : « Wô! Ça fait une semaine qu’on se connait, mais même pas 24 heures qu’on s’est vus. J’ai des principes. Donne-moi plus que 24 heures! »

Des bateaux de la Canada Steamship Lines. Qui appartenait à Paul Martin, ancien Premier ministre canadien.


Un Safari Condo, un ProMaster, est arrivé. Pas certaine qu’il sait que le GM est son petit frère.

J’ai électrocuté une grosse mouche qui s’était aventurée dans le campeur. Parce que oui, les bébittes sont sorties. J’ai été obligée d’utiliser la porte-moustiquaire d’Azarius…

Une fille en talons hauts dans un chemin de garnottes.

Un homme qui prend un marche d’avant-souper avec un masque. C’est le premier masque que je vois en 24 heures…

Je me suis ouvert une bouteille de rosé en fin d’après-midi.

Un couple marche. Ça doit être l’heure. Il regarde mon Azarius avec une certaine insistance. Je les comprends : c’est qu’il est impressionnant, mon homme, avec son toit levé.

Et puis, alors que je sens que le soleil se dirige vers l’horizon, je me fais à souper. Beaucoup de gens sont partis, il est 19h. J’écoute « Pouvez-vous répéter la question? » à la Première chaine, avec RBO. La vie est juste bonne. Vraiment juste bonne.

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