jeudi 30 mai 2024

D'orgasmes et de deuils

Dernière journée en Charente-Maritime, remplie d’orgasmes et de deuil.

Premier orgasme: le marché public de Rochefort
Eh que j’aime ça, moi, des marchés publics. Je trouve ça juste tellement beau. C’est rempli de belles couleurs, si bien que j’ai envie de tout acheter. Mais je me retiens… Parce que des poivrons et des cantaloups, dans les bagages d’avion, c’est comme ordinaire.



Deuxième orgasme: un tour de train
Parce que, dans un élan de folie et de l’envie du fantasme assouvi, j’ai décidé de prendre le train pour aller me faire voir une dernière fois (chantez: avant de m’en aller…) à La Rochelle. C’est à 30 minutes à peine. J’adore prendre le train, même le petit TER qui fait la ronne de lait: Saint-Laurent-de-la-Pree, Châtelaillon, Angoulins, La Rochelle-ville (et La Rochelle-Porte Dauphine). Partez-moi pas sur le fait qu’on a un service de marde au Québec, je le sais. Alors, quand je suis en Europe, j’essaie d’en profiter!





Qui dit prendre le train si le retour du què. Je vous jure.

 

Troisième orgasme: le fantasme de la crème glacée de chez Ernest
Oui, c’était pour ça, la petite promenade en train. Je fais ça, à Montréal, trente minutes de char pour manger une crème glacée. Faque pourquoi ne pas prendre le train et vivre deux orgasmes: la ronne de train et la crème glacée.


Cette fois-ci, citron, framboise et vanille-pacanes. Ma préférée.
Et un dernier regard sur La Rochelle.

Une petite danse?




La cour intérieure de la mairie



Petit deuil
Ma psychothérapeute part en congé de maternité. On se reverra en janvier. Va falloir que je devienne quelqu’un toute seule.

Gros deuil
C’est la dernière journée de travail de mon ami Yves Desautels à Radio-Canada. Je pense que ça fait 26 ou 27 ans que je suis une de ses collaboratrices (bien peu de femmes, quand même). En 1997 (ou en 1998?), je refusais d’avoir un cellulaire, je n’en voyais pas l’utilité… jusqu’à ce que j’aie un problème de moteur, au milieu de nulle part, entre Valcourt et Acton Vale, en revenant du chalet. J’étais heureusement tombée sur des gens bien en allant sonner chez des locaux… J’avais donc décidé de me gréyer d’un téléphone, juste par prudence.

Faque le lundi suivant, j’avais appelé monsieur Désautels avant de partir du cégep:
- Je viens d’acheter un téléphone cellulaire. Je circule sur la rue Notre-Dame, mais pas tous les jours. Est-ce que ça vous intéresse?
- Ça tombe bien, je n’ai personne sur la rue Notre-Dame!
- Je sais! C’est pour ça que je vous appelle!

Et je suis devenue collaboratrice! Pendant un peu plus d’un an, on a eu une séquence inusable:
- Bonjour! C’est Julie Roberge sur la rue Notre-Dame…
- Madaaame Robeeeeerge???

Un peu plus d’un an plus tard, il m’invite à me joindre à la gang des collaborateurs pour le diner. La tradition du diner de Noël à laquelle j’allais m’incruster. C’est à partir de ce moment qu’on a arrêté de se vouvoyer:
- Salut Yves, c’est Julie!
- Salut Julie! t’es où là?
- Sur Décarie…
- Oh non! Qu’esse-tu fais là calvaire?
- M’en vas à Laval!
- Qu’esse-tu t’en vas faire à Laval?

SI j’appelais la plupart du temps pour témoigner des horreurs de la circulation de la rue Notre-Dame, ça m’arrivait de l’appeler de n’importe où: je l’ai déjà appelé de la Californie, de la Finlande, des Iles de la Madeleine, de l’Islande, de la France… Comme il m’arrivait de l’appeler si j’avais besoin de son avis sur une route à prendre: est-ce que c’est mieux d’aller à Laval par la 13 ou par la 15?
Avec le temps, on est un peu devenus des amis. On se jasait de la vie, quand on se parlait à l’heure de pointe. Depuis plusieurs années, on s’est vus tous les ans, en septembre, pour parler de nos voyages d’été respectifs. Je lui montrais mes photos de voyage. On se parlait de nos projets. On s’est aussi vus à Bordeaux, en fait au Château de la Rivière que mon ami Pierre nous avait fait visiter. On avait même eu droit à une bouteille de Aria, qu’on a partagé en allant souper chez Carles (mes amis Sylvain et Isabelle, si vous me suivez).
J’étais sur le quai (n’oubliez pas: prononcez què) de La Rochelle où j’attendais le train pour revenir à Rochefort et j’écoutais la fin de l’émission de Patrick Masbourian à presque 15h. J’ai eu les yeux plein d’eau quand ses enfants lui ont souhaité une bonne retraite. Une voix rassurante de Radio-Canada qui prend sa retraite.
Oui, je vais continuer à alimenter Sarah (qui prendra peut-être la relève pendant l’été) de mes observations sur la circulation, mais un changement pareil, c’est un deuil.

Autre deuil... et deux orgasmes
J’ai fait ma valise. Je quitte Rochefort demain matin. J’ai beaucoup aimé la région, du moins ce que j’en ai vu. Une petite semaine de pas vraiment de vacance, c’était pas assez. Je vais devoir revenir. Je quitte, mais avec un orgasme en vue: je suis attendue à midi pour manger avec les copains vignerons du Fronsac. Aucune idée qui sera là, mais ça sera chouette. Puis, un verre avec la grande Florie, à Bordeaux. Ce sera chouette.

À demain.

 

1 commentaire:

  1. J'ai lu ton article à mes amis Catherine et Hugues qui connaissent bien la Rochelle et Rochefort. Ils avaient le sourire aux lèvres et aiment bien ta façon d'écrire.

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