Dernière journée en Charente-Maritime, remplie d’orgasmes et de deuil.
Premier orgasme: le marché public de Rochefort
Eh que j’aime ça, moi, des marchés publics. Je
trouve ça juste tellement beau. C’est rempli de belles couleurs, si bien que j’ai
envie de tout acheter. Mais je me retiens… Parce que des poivrons et des
cantaloups, dans les bagages d’avion, c’est comme ordinaire.
Deuxième orgasme: un tour de train
Parce que, dans un élan de folie et de l’envie
du fantasme assouvi, j’ai décidé de prendre le train pour aller me faire voir
une dernière fois (chantez: avant de m’en aller…) à La Rochelle. C’est à 30
minutes à peine. J’adore prendre le train, même le petit TER qui fait la ronne
de lait: Saint-Laurent-de-la-Pree, Châtelaillon, Angoulins, La
Rochelle-ville (et La Rochelle-Porte Dauphine). Partez-moi pas sur le fait qu’on
a un service de marde au Québec, je le sais. Alors, quand je suis en Europe, j’essaie
d’en profiter!
Qui dit prendre le train si le retour du què. Je vous jure.
Troisième orgasme: le fantasme de la crème
glacée de chez Ernest
Oui, c’était pour ça, la petite promenade en
train. Je fais ça, à Montréal, trente minutes de char pour manger une crème
glacée. Faque pourquoi ne pas prendre le train et vivre deux orgasmes: la ronne
de train et la crème glacée.
Cette fois-ci, citron, framboise et vanille-pacanes.
Ma préférée.
Et un dernier regard sur La Rochelle.
| Une petite danse? |
| La cour intérieure de la mairie |
Petit deuil
Ma psychothérapeute part en congé de maternité. On se reverra en janvier. Va falloir que je devienne quelqu’un toute seule.
Gros deuil
C’est la dernière journée de travail de mon
ami Yves Desautels à Radio-Canada. Je pense que ça fait 26 ou 27 ans que je
suis une de ses collaboratrices (bien peu de femmes, quand même). En 1997 (ou
en 1998?), je refusais d’avoir un cellulaire, je n’en voyais pas l’utilité…
jusqu’à ce que j’aie un problème de moteur, au milieu de nulle part, entre
Valcourt et Acton Vale, en revenant du chalet. J’étais heureusement tombée sur
des gens bien en allant sonner chez des locaux… J’avais donc décidé de me
gréyer d’un téléphone, juste par prudence.
Faque le lundi suivant, j’avais appelé
monsieur Désautels avant de partir du cégep:
- Je viens d’acheter un téléphone cellulaire. Je
circule sur la rue Notre-Dame, mais pas tous les jours. Est-ce que ça vous
intéresse?
- Ça tombe bien, je n’ai personne sur la rue
Notre-Dame!
- Je sais! C’est pour ça que je vous appelle!
Et je suis devenue collaboratrice! Pendant un
peu plus d’un an, on a eu une séquence inusable:
- Bonjour! C’est Julie Roberge sur la rue
Notre-Dame…
- Madaaame Robeeeeerge???
Un peu plus d’un an plus tard, il m’invite à me
joindre à la gang des collaborateurs pour le diner. La tradition du diner de
Noël à laquelle j’allais m’incruster. C’est à partir de ce moment qu’on a
arrêté de se vouvoyer:
- Salut Yves, c’est Julie!
- Salut Julie! t’es où là?
- Sur Décarie…
- Oh non! Qu’esse-tu fais là calvaire?
- M’en vas à Laval!
- Qu’esse-tu t’en vas faire à Laval?
SI j’appelais la plupart du temps pour
témoigner des horreurs de la circulation de la rue Notre-Dame, ça m’arrivait de
l’appeler de n’importe où: je l’ai déjà appelé de la Californie, de la
Finlande, des Iles de la Madeleine, de l’Islande, de la France… Comme il m’arrivait
de l’appeler si j’avais besoin de son avis sur une route à prendre: est-ce que
c’est mieux d’aller à Laval par la 13 ou par la 15?
Avec le temps, on est un peu devenus des amis.
On se jasait de la vie, quand on se parlait à l’heure de pointe. Depuis
plusieurs années, on s’est vus tous les ans, en septembre, pour parler de nos
voyages d’été respectifs. Je lui montrais mes photos de voyage. On se parlait
de nos projets. On s’est aussi vus à Bordeaux, en fait au Château de la Rivière
que mon ami Pierre nous avait fait visiter. On avait même eu droit à une
bouteille de Aria, qu’on a partagé en allant souper chez Carles (mes amis
Sylvain et Isabelle, si vous me suivez).
J’étais sur le quai (n’oubliez pas: prononcez què)
de La Rochelle où j’attendais le train pour revenir à Rochefort et j’écoutais
la fin de l’émission de Patrick Masbourian à presque 15h. J’ai eu les yeux
plein d’eau quand ses enfants lui ont souhaité une bonne retraite. Une voix rassurante
de Radio-Canada qui prend sa retraite.
Oui, je vais continuer à alimenter Sarah (qui
prendra peut-être la relève pendant l’été) de mes observations sur la
circulation, mais un changement pareil, c’est un deuil.
Autre deuil... et deux orgasmes
J’ai fait ma valise. Je quitte Rochefort
demain matin. J’ai beaucoup aimé la région, du moins ce que j’en ai vu. Une
petite semaine de pas vraiment de vacance, c’était pas assez. Je vais devoir
revenir. Je quitte, mais avec un orgasme en vue: je suis attendue à midi pour
manger avec les copains vignerons du Fronsac. Aucune idée qui sera là, mais ça
sera chouette. Puis, un verre avec la grande Florie, à Bordeaux. Ce sera chouette.
À demain.
J'ai lu ton article à mes amis Catherine et Hugues qui connaissent bien la Rochelle et Rochefort. Ils avaient le sourire aux lèvres et aiment bien ta façon d'écrire.
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