mercredi 28 décembre 2011

La langue cubaine

L’espagnol revient. Mais pas tant que ça. Parce qu’il y a des limites à ce qu’on peut dire quand on vit dans un resort et qu’on n’a à parler à presque personne. Bon, je suis toujours capable de me commander une bière ou un verre de vin, mais pour le reste, pas vraiment de conversation… Mais les Cubains sont étonnés que je parle (plutôt que je baragouine) la langue locale. Ils sont super contents et n'arrêtent pas de me dire que je parle vraiment bien l'espagnol. Mettons. C’est juste qu’ils se mettent à me jaser, comme si je comprenais tout. Mais pas pantoute! Mon passé de chanteuse fait que je n’ai pas trop d’accent (en fait, je peux avoir un accent local…) quand je parle dans une autre langue. Alors, les autochtones pensent que je suis l’une des leurs. Ça m’était arrivé à Munich, il y a plusieurs années.

Anecdote: Juillet 1994. J’étais attablée à un resto et j’avais réussi à commander tout ce que je voulais en allemand (il faut dire qu’après 100 heures de cours d’allemand, on arrive à peine à faire une phrase complète au présent). Là, le serveur revient et me dit quelque chose dans la langue de Goethe. Ma face a traduit ma totale incompréhension… alors, je lui ai demandé de répéter ça, mais en anglais. Là, c’est lui qui comprend rien: «Oui, mais vous avez commandé en allemand, tout à l’heure?» «Commander, ça va. C’est après que je ne comprends rien». Il était éberlué: «C’est que vous n’aviez tellement pas d’accent étranger que j’étais certaine que vous étiez Allemande.» Tu parles.

Autre anecdote: Ça m’est aussi arrivé à Paris. C’est en 1992, l’année que j’ai passée à étudier à Lille, dans le Nord (oui, oui, chez les Ch’tis). À l’université, j’avais l’accent québécois (ils auraient tellement été déçus si j’avais eu un autre accent), mais en ville, je prenais l’accent français, juste pour avoir l’air d’une locale, juste pour avoir l’air de m’intégrer dans ma ville d’adoption. En décembre, alors que ça fait deux mois que je suis installée dans le Nord, j’ai à faire à Paris. Je suis dans un taxi et le bonhomme jase un peu. Puis: «Vous n’êtes pas d’ici, vous, hein?» Et moi, avec mon bel accent français: «Hé non, je ne suis pas d’ici.» Le chauffeur, sûr de lui: «Vous êtes du Nord. Vous avez l’accent du Nord.» Yeeeessssssss! J’ai l’accent du Nord! Je suis intégrée!!!

1 commentaire:

  1. Ah que tu es drôle!!Concernant l'espagnol, c'est ce que je trouve aussi chez les Mexicains. Parce que tu baragouine qq mots, ils te parlent comme si tu comprenais tout....ça m'arrive tout le temps.Et pourtant mon espagnol est tellement de base.

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