Depuis 2004, c’est une sortie annuelle. La première fois,
avec Yves, à Amsterdam (oui, je sais, je suis chiante). Puis, une fois ou deux
avec Rosalie. Puis, depuis plusieurs années, avec mon ami Dan. Puis, chaque
fois que je vois l'exposition annuelle du World Press Photos, j’ai la conviction que je suis privilégiée. Que j’habite un coin du globe
immensément tranquille.
Cette expo-là, c’est nécessaire, même si c’est tellement
difficile à voir. J’atteins rapidement mon quota de sang et de massacres. Les
photos de cette année allaient, malheureusement, encore en ce sens. N’empêche.
Cette photo, prise en Syrie, témoigne du désir de vivre malgré les horreurs.
À l’étage, une autre exposition qui m’a beaucoup touchée.
Quelques mois après leur arrivée au pays, on a remis une caméra à des
adolescents syriens, en leur demandant de photographier ce qui témoignait de
leur installation ici, après quelques heures de cours de maniement de
kodaque. De très jolies photos, toutes
plus émouvantes les unes que les autres.
Je vous en donne une, ici.
Puis, parce que c’est mardi soir, Dan et moi, on est ensuite
sortis. On a besoin d’un peu d’alcool, certes. Mais on a surtout besoin de refaire
le monde. Notre monde. Pour se rappeler qu’on est privilégiés.
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