samedi 2 septembre 2017

Bordeaux. Encore.



Un mois plus tard. C’était le 2 aout, cette exceptionnelle rencontre avec Thierry et ses copains vignerons. Et là, en ce samedi 2 septembre, Bordeaux sonne encore à ma porte. Bon, faut dire que je l’ai aidé un peu…

En cette longue fin de semaine de la Fête du travail, la ville de Québec reçoit les vins de Bordeaux. J’avais une folle envie d’aller m’y faire voir, même si le site internet de l’évènement était avare d’informations sur les vignobles représentés (sur les plus de 6000 que compte la région bordelaise). Bah. Les vins bordelais sont bons… faque, enwèye, go Fille!

 

Il fait un splendide soleil et 23 jolis degrés sur l’Espace 400e quand j’y débarque, un peu passé midi. J’achète mon passeport qui me donne droit à six dégustations de vins de Bordeaux, un par kiosque. Comment choisir? Je prendrai toujours celui qui n’est pas en vente à la SAQ…


Premier verre (kiosque Roses et blancs de Bordeaux): Château La Fraynelle, un vin rosé clairet. C’est quand même ironique, cette appellation, quand on sait que le clairet est un vin rosé foncé…

Deuxième verre (kiosque Médoc et Graves): Château Lafargue (de Peyssac-Léognan). Pas ben loin du Château Pape-Clément où on était allées entendre un concert…



Troisième verre (kiosque Saint-Émilion/Pomerol/Fronsac): Clos du Roy (du vignoble Hermouet). Il y aurait eu du Haut-Carles ou du Château de La Rivière que je n’en aurais pas pris. Je connais.
Parce que je suis têteuse de même, je cherche la représentante du Fronsac. Je trouve Sophie à qui je raconte ma dernière semaine à Bordeaux, avec mes nouveaux amis vignerons, les diners partagés et les bouteilles: «Oh que ça ne devait pas être ennuyant, ces rencontres! Quelle bande de joyeux lurons!» Tu parles. Parce que je connais Xavier, Pierre, Thierry, Damien et les autres, j’ai eu droit à un traitement VIP: un verre d’un grand cru classé St-Émilion, servi avec parcimonie à quelques invités triés sur le volet. Ben coudon…
Quatrième verre, donc (un ajout à mes 6 verres payés) : Château Laroque – Saint-Émilion grand cru classé. Oh que c’était bon, ça. Du bonheur dans ma bouche.


Bon. Faudrait que je cuve mon vin un tipeu, là. Je décide d’explorer les autres tentes, notamment celle de Bordeaux et sa région. Ça me fait tout drôle de revoir les photos de Bordeaux, de la Dune du Pilat, du phare de Cordouan. J’ai l’impression que c’était hier que j’y étais et, en même temps, que c’était il y a si longtemps…

Je jase avec un monsieur qui est là, derrière un des comptoirs. Il est charmé de la gentillesse des Québécois:
- Vous savez, les Français, on n’est pas aussi gentils…
- Ah, là, je ne suis pas d’accord avec vous.
- Allons donc!...
- J’ai des amis très précieux que je me suis fait à Bordeaux, il y a quelques semaines…
- Allons donc! Ce n’est pas possible…
- Je vous le jure: des directeurs de vignobles dans le Fronsac, des gens absolument magnifiques qui m’ont adoptée comme si j’étais l’une des leurs avec une immense générosité et de grands éclats de rire…
- Vraiment? Dans le Fronsac, vous dites?
- Ouais. Thierry Perdigon, du Château de Carles; Xavier Buffo et Pierre Rebaud, du Château de la Rivière; Damien Landouar, du Château Gaby; Et Benoit Trocard, qui enseigne aussi à l’école du vin de Bordeaux, et...
- Ah ben!!! C’est qu’il fallait le dire!!! Ces gens-là sont aussi mes amis! C’est normal qu’ils soient les tiens aussi! Si tu me parles de ceux-là, alors c’est vrai qu’il est possible de se faire des amis en France!
Fini le vouvoiement. Ça y est: on a gardé les moutons ensemble, Laurent Moujon et moi. On est franchement étonnés de se rencontrer comme ça… et je le suis d’autant plus que ça ressemble tellement au plaisir que j’avais immédiatement éprouvé en rencontrant ma gang de Fronsadais, il y a un mois.  Une complicité immédiate. Parce qu’on a les mêmes amis.
- On va se prendre en photo et je vais mettre ça sur Facebook, en interpelant Xavier et Pierre.
Ce qu’on a fait, drette là. En riant comme deux gamins d’école qui s’apprêtent à faire un mauvais coup.
J’achète le livre de Laurent sur quoi voir et quoi faire à Bordeaux, qu’il me dédicace. Et je suis toute retournée de voir que, dans son livre, il y a une page sur le Château de La Rivière, une autre sur le Château de Carles et encore une autre sur le Château Gaby. C’est que non seulement je connais lesdits châteaux, mais en plus, c’est mes amis… Même sourire niaiseux dans ma face quand je vois, sous la rubrique «où manger dans le Fronsac», le restaurant Chez Carles, à Saint-Germain-de-La-Rivière. Ce n’est pas dit, cependant, qu’on y sert le meilleur pain perdu de la civilisation post-Bérêt.


Des gens viennent lui poser des questions sur Bordeaux… et, quand il est occupé, c’est moi qui réponds. Parce que je connais Bordeaux, tiens. Voir si je me tairais! Vous me connaissez… «Il faut visiter Bordeaux parce que c’est une ville magnifique. Oui, il faut aller autour pour visiter les vignobles, mais la ville est splendide. Vous aimez les huitres? Avec un verre de rosé, c’est divin. Prenez plus de temps que c’est écrit dans les guides pour aller visiter la Cité du vin; c’est fou ce que vous allez y apprendre. Prenez le temps de flâner sur les quais, surtout le soir. Ne manquez pas d’aller du côté de la rive droite, dans le quartier Bastide : la guinguette Chez Alriq est le meilleur endroit pour voir le soleil se coucher sur Bordeaux en sirotant un énième verre de vin.»
Laurent m’écoute parler et est un peu stupéfait: «T’es prof, toi? Tes étudiants ne doivent vraiment pas s’ennuyer…» Je souris. Encore. Parce que ça me faisait aussi penser à la façon dont je me suis incrustée chez Safari Condo, lors des salons du VR. Même affaire. En faisant mon innocente et en répondant à des questions avec mon cœur. Parce que j’aime Safari Condo. Parce que j’aime Bordeaux. C’est tout.
Alors, même si Laurent me fait jurer de venir à Bordeaux en juin pour le 20e anniversaire de «Bordeaux fête le vin», je quitte mon nouvel ami. C’est que j’ai encore trois dégustations sur ma carte, moi.

Cinquième verre (kiosque des Côtes de Bordeaux) : Château Jussas (un Côtes de Blaye). Tout va toujours très bien, madame la marquise.

Sixième verre (kiosque de Bordeaux rouge et Supérieur rouge) : Château Mémoires. Mettons que si je devais choisir le vin le moins aimé de mon après-midi, ce serait celui-là. Mais juste mettons que.

Septième verre (kiosque Sweet Bordeaux) : Château Beaulac. Joli blanc pas trop sucré. Je voulais finir par ça. Mais ça sera un peu raté.

Je retourne au kiosque sur Bordeaux où je reprends ma conversation avec Laurent (et son voisin, François, qui vante tous les mérites de son vin de Pomerol - le Château La Cabanne) et d’un verre de vin.
Huitième verre : un rosé du Château Mémoire, offert par Laurent. Pour qu’on puisse continuer à jaser autour d’un verre de vin.  Pour qu’il puisse me rappeler (pour la 3e? 14e? 25e? fois) qu’il m’attend à Bordeaux, en juin, pour la fête du vin.
Et je fais la connaissance d’Allan Sichel.
Neuvième verre : un rosé du Château Mémoire.

Julie, Laurent, François et Allan
On rigole, on parle de Bordeaux, Laurent dit à Allan à quel point je suis une ambassadrice hors pair à la fois pour Bordeaux et ses vins…  Mais c’est que je ne sais pas pantoute c’est qui, moi, Allan Sichel. À part que je trouve qu’il a un tout petit accent un peu étrange qui se mêle à son accent bordelais. Après le verre partagé, il nous quitte: «Allez, Julie, on se fait la bise!» Certes. Grands sourires. Bises. C’est à son départ que j’apprends qui il est: le président du Conseil interprofessionnel des Vins de Bordeaux – le bien siglé CIVB – et, conséquemment, le grand patron de l’évènement de la fête du vin de Bordeaux à Québec. Ah. Allan que je reverrai en quittant le site, vers 18h30. Et à qui je referai de jolies bises. Et qui me dira, lui aussi, qu’il m’attend à Bordeaux en juin.

Parce que c’est comme ça.
Parce que c’est juste ça, la vie.
Les rencontres. Le partage. Le bonheur.

3 commentaires:

  1. Pourquoi je ne suis pas étonnée que tu vives ces belles joies??Tu es tellement une personne attachante!!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci, Nicole. C'est très gentil à toi de le dire... Je me trouve juste tellement privilégiée d'avoir toutes ces belles personnes autour de moi!!!

      Supprimer
  2. Le monde du vin est tout petit et surtout à l'étranger.
    A très vite.
    Bises Julie
    PR

    RépondreSupprimer