Un mois plus tard. C’était le 2 aout, cette exceptionnelle
rencontre avec Thierry et ses copains vignerons. Et là, en ce samedi 2
septembre, Bordeaux sonne encore à ma porte. Bon, faut dire que je l’ai aidé un
peu…
En cette longue fin de semaine de la Fête du travail, la
ville de Québec reçoit les vins de Bordeaux. J’avais une folle envie d’aller
m’y faire voir, même si le site internet de l’évènement était avare
d’informations sur les vignobles représentés (sur les plus de 6000 que compte
la région bordelaise). Bah. Les vins bordelais sont bons… faque, enwèye, go
Fille!
Il fait un splendide soleil et 23 jolis degrés sur l’Espace 400e quand j’y débarque, un peu passé midi. J’achète mon passeport qui me donne droit à six dégustations de vins de Bordeaux, un par kiosque. Comment choisir? Je prendrai toujours celui qui n’est pas en vente à la SAQ…
Premier verre
(kiosque Roses et blancs de Bordeaux):
Château La Fraynelle, un vin rosé clairet. C’est quand même ironique, cette
appellation, quand on sait que le clairet est un vin rosé foncé…
Deuxième
verre (kiosque Médoc et Graves):
Château Lafargue (de Peyssac-Léognan). Pas ben loin du Château Pape-Clément
où on était allées entendre un concert…
Troisième verre
(kiosque Saint-Émilion/Pomerol/Fronsac):
Clos du Roy (du vignoble Hermouet). Il y aurait eu du Haut-Carles ou du
Château de La Rivière que je n’en aurais pas pris. Je connais.
Parce que je suis têteuse de même, je cherche la
représentante du Fronsac. Je trouve Sophie à qui je raconte ma dernière semaine
à Bordeaux, avec mes nouveaux amis vignerons, les diners partagés et les
bouteilles: «Oh que ça ne devait pas être ennuyant, ces rencontres! Quelle
bande de joyeux lurons!» Tu parles. Parce que je connais Xavier, Pierre,
Thierry, Damien et les autres, j’ai eu droit à un traitement VIP: un verre d’un
grand cru classé St-Émilion, servi avec parcimonie à quelques invités triés sur
le volet. Ben coudon…
Quatrième verre, donc
(un ajout à mes 6 verres payés) : Château Laroque – Saint-Émilion
grand cru classé. Oh que c’était bon, ça. Du bonheur dans ma bouche.
Bon. Faudrait que je cuve mon vin un tipeu, là. Je décide
d’explorer les autres tentes, notamment celle de Bordeaux et sa région. Ça me
fait tout drôle de revoir les photos de Bordeaux, de la Dune du Pilat, du phare
de Cordouan. J’ai l’impression que c’était hier que j’y étais et, en même
temps, que c’était il y a si longtemps…
Je jase avec un monsieur qui est là, derrière un des
comptoirs. Il est charmé de la gentillesse des Québécois:
- Vous savez, les Français, on n’est pas aussi gentils…
- Ah, là, je ne suis pas d’accord avec vous.
- Allons donc!...
- J’ai des amis très précieux que je me suis fait à
Bordeaux, il y a quelques semaines…
- Allons donc! Ce n’est pas possible…
- Je vous le jure: des directeurs de vignobles dans le
Fronsac, des gens absolument magnifiques qui m’ont adoptée comme si j’étais
l’une des leurs avec une immense générosité et de grands éclats de rire…
- Vraiment? Dans le Fronsac, vous dites?
- Ouais. Thierry Perdigon, du Château de Carles; Xavier
Buffo et Pierre Rebaud, du Château de la Rivière; Damien Landouar, du Château
Gaby; Et Benoit Trocard, qui enseigne aussi à l’école du vin de Bordeaux, et...
- Ah ben!!! C’est qu’il fallait le dire!!! Ces gens-là sont
aussi mes amis! C’est normal qu’ils soient les tiens aussi! Si tu me parles de
ceux-là, alors c’est vrai qu’il est possible de se faire des amis en France!
Fini le vouvoiement. Ça y est: on a gardé les moutons
ensemble, Laurent Moujon et moi. On est franchement étonnés de se rencontrer
comme ça… et je le suis d’autant plus que ça ressemble tellement au plaisir que
j’avais immédiatement éprouvé en rencontrant ma gang de Fronsadais, il y a un
mois. Une complicité immédiate. Parce
qu’on a les mêmes amis.
- On va se prendre en photo et je vais mettre ça sur
Facebook, en interpelant Xavier et Pierre.
Ce qu’on a fait, drette là. En riant comme deux gamins
d’école qui s’apprêtent à faire un mauvais coup.
J’achète le livre de Laurent sur quoi voir et quoi faire à
Bordeaux, qu’il me dédicace. Et je suis toute retournée de voir que, dans son
livre, il y a une page sur le Château de La Rivière, une autre sur le Château
de Carles et encore une autre sur le Château Gaby. C’est que non seulement je
connais lesdits châteaux, mais en plus, c’est mes amis… Même sourire niaiseux
dans ma face quand je vois, sous la rubrique «où manger dans le Fronsac», le
restaurant Chez Carles, à Saint-Germain-de-La-Rivière. Ce n’est pas dit,
cependant, qu’on y sert le meilleur pain perdu de la civilisation post-Bérêt.
Des gens viennent lui poser des questions sur Bordeaux… et,
quand il est occupé, c’est moi qui réponds. Parce que je connais Bordeaux,
tiens. Voir si je me tairais! Vous me connaissez… «Il faut visiter Bordeaux
parce que c’est une ville magnifique. Oui, il faut aller autour pour visiter
les vignobles, mais la ville est splendide. Vous aimez les huitres? Avec un
verre de rosé, c’est divin. Prenez plus de temps que c’est écrit dans les
guides pour aller visiter la Cité du vin; c’est fou ce que vous allez y
apprendre. Prenez le temps de flâner sur les quais, surtout le soir. Ne manquez
pas d’aller du côté de la rive droite, dans le quartier Bastide : la
guinguette Chez Alriq est le meilleur endroit pour voir le soleil se coucher
sur Bordeaux en sirotant un énième verre de vin.»
Laurent m’écoute parler et est un peu stupéfait: «T’es prof,
toi? Tes étudiants ne doivent vraiment pas s’ennuyer…» Je souris. Encore. Parce
que ça me faisait aussi penser à la façon dont je me suis incrustée chez Safari
Condo, lors des salons du VR. Même affaire. En faisant mon innocente et en
répondant à des questions avec mon cœur. Parce que j’aime Safari Condo. Parce
que j’aime Bordeaux. C’est tout.
Alors, même si Laurent me fait jurer de venir à Bordeaux en
juin pour le 20e anniversaire de «Bordeaux fête le vin», je quitte
mon nouvel ami. C’est que j’ai encore trois dégustations sur ma carte, moi.
Cinquième verre
(kiosque des Côtes de Bordeaux) :
Château Jussas (un Côtes de Blaye). Tout va toujours très bien, madame la
marquise.
Sixième verre
(kiosque de Bordeaux rouge et Supérieur
rouge) : Château Mémoires. Mettons que si je devais choisir le vin
le moins aimé de mon après-midi, ce serait celui-là. Mais juste mettons que.
Septième verre
(kiosque Sweet Bordeaux) : Château
Beaulac. Joli blanc pas trop sucré. Je voulais finir par ça. Mais ça sera
un peu raté.
Je retourne au kiosque sur Bordeaux où je reprends ma
conversation avec Laurent (et son voisin, François, qui vante tous les mérites
de son vin de Pomerol - le Château La Cabanne) et d’un verre de vin.
Huitième verre :
un rosé du Château Mémoire, offert par Laurent. Pour qu’on puisse continuer
à jaser autour d’un verre de vin. Pour
qu’il puisse me rappeler (pour la 3e? 14e? 25e?
fois) qu’il m’attend à Bordeaux, en juin, pour la fête du vin.
Et je fais la connaissance d’Allan Sichel.
Neuvième verre :
un rosé du Château Mémoire.
On rigole, on parle de Bordeaux, Laurent dit à Allan à quel
point je suis une ambassadrice hors pair à la fois pour Bordeaux et ses
vins… Mais c’est que je ne sais pas
pantoute c’est qui, moi, Allan Sichel. À part que je trouve qu’il a un tout
petit accent un peu étrange qui se mêle à son accent bordelais. Après le verre
partagé, il nous quitte: «Allez, Julie, on se fait la bise!» Certes. Grands
sourires. Bises. C’est à son départ que j’apprends qui il est: le président du
Conseil interprofessionnel des Vins de Bordeaux – le bien siglé CIVB – et,
conséquemment, le grand patron de l’évènement de la fête du vin de Bordeaux à
Québec. Ah. Allan que je reverrai en quittant le site, vers 18h30. Et à qui je
referai de jolies bises. Et qui me dira, lui aussi, qu’il m’attend à Bordeaux
en juin.
![]() |
| Julie, Laurent, François et Allan |
Parce que c’est comme ça.
Parce que c’est juste ça, la vie.
Les rencontres. Le partage. Le bonheur.


Pourquoi je ne suis pas étonnée que tu vives ces belles joies??Tu es tellement une personne attachante!!!
RépondreSupprimerMerci, Nicole. C'est très gentil à toi de le dire... Je me trouve juste tellement privilégiée d'avoir toutes ces belles personnes autour de moi!!!
SupprimerLe monde du vin est tout petit et surtout à l'étranger.
RépondreSupprimerA très vite.
Bises Julie
PR