jeudi 15 juin 2017

Au hasard


Tourne à droite. Tourne à gauche. Re-tourne à gauche. Va tout droit. Euh… Et si je tournais à droite? Ça a l’air beau, par là… Au hasard.
C’est un peu comme ça que j’ai découvert la partie historique de Newport en ce jeudi ensoleillé mais frais. Remarquez que je préfère marcher et visiter à 22 qu’à 32… ou à 38, ce que j’ai connu en début de semaine.
Alors, au hasard de mes pas, j’ai découvert une jolie ville, construite sur le bord de la mer et qui, contrairement à Oran, ne lui tourne pas le dos (c’est un extrait que retiennent toujours mes étudiants de La Peste: «Oran tournait le dos à la mer»!). C’est toujours beau, la mer. Et une ville à côté. Des vieilles maisons de bois qui contrastent avec les mansions que j’ai vues hier. Je me demande comment ils font leur argent, les Rhode Islandais. Parce que c’est le plus petit état américain, mais je vous dis pas les maisons de riches qu’il y a ici. En proportion, je veux dire. Je me suis arrêtée devant un bureau de courtier immobilier et, au hasard, j’ai regardé les affiches dans la fenêtre: rien en bas de 2 millions. Des dizaines de propriétés. J’ai beau être faite pour être riche, y’a toujours ben des émittes, comme dirait Germaine Lauzon.





Au port, des bateaux ancrés (évidemment), des petites boutiques, des chaises pour s’effouairer au soleil. C’est par hasard que je suis entrée dans un café où la dame, aidée de ses deux Labradors, sert le meilleur café au monde. Bon, c’est elle qui le dit, mais c’était sans doute pas loin de la vérité. Les chiens, eux, font du social avec les clients. 



 

Au bout de la Ocean Drive, le Fort Adams (du nom du deuxième président des Zétats) que j’ai visité, un peu par hasard. Arrivée là à 15h30, je pensais en faire rapidement le tour (ça fermait à 16h), mais non. La dernière visite guidée était à 16h, alors je me suis laissé guider. Même dans un tunnel appelé «le tunnel aux rats» parce que… ben c’est ça. Il y a des rats dans les longs couloirs souterrains qui relient les différentes ailes du fort.  Heureusement, on n’en a pas croisé cet après-midi… Je ne sais pas si c’est le hasard. « Un nazar… » aurait dit Miklos, le feu-directeur du chœur de l’UQAM, hongrois d’origine (ceci expliquant cela).

Dernier hasard? Au bout de l’ile de Jamestown, je suis allée prendre une photo du phare. Concept de Pédagogie collégiale ici. Pendant que je me selfise avec le phare arrivent trois monsieurs (dans la deuxième moitié de la cinquantaine, je dirais) en vélo. Ils s’arrêtent à côté de moi et l’un d’eux me demande de les prendre en photos. Évidemment. On jase un peu: ils trouvent que j’ai un accent. Ah. Mark – puisqu’il a un nom – me donne tout plein de conseils pour aller à Long Island, où j’irai dans quelques jours. Puis on repart, chacun de nos côtés. Quelques kilomètres plus loin, je me mets les pieds dans l’eau… parce que je ne peux pas m’en empêcher. Et pendant que je suis en train de me rincer les pieds derrière le camion (avec la douche), j’entends (traduction libre, ici): «Ah ben, si c’est pas notre amie de Montréal! Allo Julie!» V’là mes trois monsieurs qui réapparaissent, comme ça, dans ma vie. Re-jase un peu pendant qu’ils attachent leurs vélos à leur voiture… «Bon, ben, bonne fin de journée!» «À toi aussi, nice Julie!»


Le hasard est souvent chouette.

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