mardi 20 juin 2017

Je voulais



Je ne voulais pas nécessairement aller à New York. Aller en ville n’était qu’une affaire parmi tant d’autres sur ma liste. Mais comme je ne réussis pas à trouver de cartes postales à Long Island, je me suis dit que j’en trouverais sans doute dans une ville aussi touristique que New York!  Méchante défaite…

Quand je pensais à ce billet de blogue, pendant ma journée, je voulais vous dire que j’aime ça quand j’ai un sourire niais étampé dans la face. Que j’avais l’air d’une enfant dans un magasin de jouets, d’un diabétique dans un magasin de bonbons, d’un étudiant-ivrogne en fin de session à l’Amère à boire tellement je voulais m’en mettre plein les yeux. Parce que c’est fou, NYC! Je pense que la dernière fois que j’y ai mis les pieds, c’était en 2004. Après un échange de maisons à Philadelphie, Yves et moi, on était venus voir mon ami Jean qui habitait la Grosse Pomme, à l’époque.

Je voulais vous dire que je trouve ça fascinant, NYC, mais que je n’y vivrais pas. C’est souvent la question que je me pose quand je découvre (ou redécouvre) une ville. Et NYC, c’est comme Paris ou Barcelone. J’aime ça, mais une fois de temps en temps et pas pour trop longtemps. Oh que je fais ma chiante, là.

Plus la journée avançait, plus je voulais vous dire que je suis rentrée à la maison, vers 22h45, les jambes rentrées dans le tronc jusqu’en t’sours des bras. Parce que j’ai marché, marché, marché en long et en large… parce que c’est comme ça que Midtown se marche.

Je voulais vous montrer quelques photos prises du haut de l’Empire State Building, parce que c’est d’en haut, comme ça, au milieu de la ville (ça ne s’appelle pas Midtown pour rien) qu’on en voit toute la splendeur avec, au loin, Lower Manhattan d’un côté et Central Park de l’autre, les édifices tous tassés les uns sur les autres, le brun de la ville qui tranche avec le bleu du ciel de ce mardi.




Mais finalement, même si je voulais vous dire tout ça, je vais plutôt vous parler de ma visite à l’ONU. Il y avait, en cette journée, une réunion de Global Women in Law and Leadership. La guide qui nous a fait visiter l’endroit (une Lituanienne) nous a rappelé les différentes missions de l’ONU, notamment en ce qui a trait au développement et à l’éducation. Dans ces domaines, une infinité de choses restent à faire, surtout chez les femmes. Et là, en ce mardi après-midi, j’ai re-pris conscience de ma chance.
La chance de vivre au Québec, où les droits des femmes existent. Mettez le Canada là-dedans aussi. Où les femmes ont droit à une éducation de qualité (j’en suis un beau produit, mettons…), à l’avortement, au mariage et au divorce. Où les femmes peuvent avoir un permis de conduire, s’acheter une voiture et un Safari Condo. Où les femmes peuvent s’habiller comme elles le veulent, porter des talons hauts même si c’est hyper inconfortable et qu’il y a peu de femmes qui marchent élégamment montées sur des échasses. Où les femmes peuvent décider de leur vie, de voter (même si, comme les hommes, elles ont souvent le choix entre la peste et le choléra), d’aller à l’église, de croire en quelque chose ou en quelqu’un, de faire du yoga, du vélo, de la culture biologique et d’aller au cinéma. Où les femmes peuvent décider qui elles aiment. Où les femmes peuvent atteindre l’orgasme, quel qu’il soit. Où les femmes peuvent prendre des vacances toute seules, dépenser leur argent, se maquiller et porter des bijoux. Où les femmes peuvent décider d’avoir, ou non, des enfants (même si la pression sociale reste forte sur l’image de la femme épanouie parce qu’elle a des enfants et une famille) – mais elles peuvent l’envoyer promener, cette image-là.
Où les femmes ont la chance de pouvoir être heureuses. Et, après comparaison, avoir le devoir d’être heureuses. Conclusion? Je suis chanceuse d’être une femme québécoise en 2017. Mais je pense que je suis surtout chanceuse d’être moi.

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