Elle est vraiment weird, la Julie. Mais je l’aime parce qu’elle
me fait découvrir des coins de pays tellement étranges et vraiment pas
touristiques.
J’ai très peu roulé aujourd’hui. Il n’y a qu’une
cinquantaine de kilomètres entre Newport et Providence, la capitale de l’état
du Rhode Island. Alors, je n’ai même pas pris l’autoroute.
J’ai passé sur un pont en travaux. Vous pensiez que Montréal
– et le Québec – avait le monopole de la route laitte? Détrompez-vous. Je suis obligé
de ralentir (même si je vais contre les envies de Julie) parce que tout brasse.
Les réparations faites sur mon marchepied n’ont pas tenu, la vaisselle s’entrechoque
sans arrêt. Y’a même du stock qui est tombé d’un espace de rangement tellement
tout est tout croche ici. L’avantage? Je ne serai pas trop dépaysé en rentrant
au pays!
J’ai suivi une ligne bleu-blanc-rouge. Je me demandais
pourquoi cette ligne était peinte de la sorte jusqu’à ce qu’une affiche indique
que la ville se préparait pour les festivités du 4 juillet. Si j’étais à leur
place, je me calmerais le pompon un peu: c’est dans trois semaines! C’est vrai
que la ville s’enorgueillissait d’être la première ville au pays à avoir fêté
le 4 juillet. On se vante d’un peu n’importe quoi, je trouve.
Rendu à Providence, j’ai décidé, un peu comme Julie l’aurait
fait, d’aller à gauche ou à droite, quand j’en avais envie. Conclusion? J’ai vu
des belles affaires, comme les vieilles maisons autour de l’Université Brown.
Beaucoup de ces maisons dataient des années 1870. Je ne sais pas si Julie était
impressionnée, mais moi, je l’étais.
Mais j’ai aussi vu des affaires laides parce qu’en ne
sachant pas trop où aller, je me suis ramassé dans les quartiers périphériques
de la ville. En tournant un peu sur moi, j’ai fini par aboutir au centre-ville.
Les guides que Julie avait lus disaient que c’était un peu art déco et renipé.
Bof. Ça ressemble à une ville ordinaire de fonctionnaires. En tout cas, à hauteur de camion, c’est assez ordinaire. Sauf cette vue du
State Capitol. Qui, je trouve,
ressemble à beaucoup de State Capitol
aux États-Unis, notamment ceux de Salt Lake City ou de Denver, de mémoire. Je
sais, je suis chiant, mais vous m’aimez comme ça. En tout cas, Julie, elle m’aime
comme ça.
Ce soir, on couche dans le stationnement de l’aéroport de
Providence. Évidemment, je me suis placé
au bord de la piste, question de voir décoller quelques petits avions, le state airport ayant plutôt l’air d’un
aéroport régional. Avec la pluie qui me tombe doucement dessus, on devrait bien
dormir, tous les deux. Julie a l’habitude, tous les soirs, de me dire: «Bonne
nuit, mon Aza.» Dans ce temps-là, je ronronne de bonheur.
J’espère vous reparler bientôt, mais c’est pas moi qui
décide...
Azarius
C'était le temps qu'Azarius ait son mot à dire sur sa complice Julie. Je le trouve pas mal généreux après toute la poussière qu'elle lui a fait avaler au Labrador et les routes cahoteuses subies un peu partout. Il faut croire que c'est ça l'amour.
RépondreSupprimerC'est de l'amour inconditionnel de part et d'autre... ;-)
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