vendredi 23 juin 2017

Comme une enfant



Bon, c’est vrai, j’ai gardé mon cœur d’enfant. Je m’amuse à entretenir des jokes avec des amis depuis des lustres. Je prends des photos pas rapport: j’ai envoyé des photos de canards américains à Anne, j’ai envoyé des photos de phares à Stéphanie. Et je me mets à envoyer des affiches avec son nom à Francis.
Alors que je terminais mon année passée à Lille, il y a très longtemps, Anne était venue me rejoindre pour qu’on arpente un peu le nord de l’Europe. C’est comme ça qu’on s’était ramassées aux Pays-Bas pour quelques jours. Un moment donné, Anne prend des canards en photo. «Ben, voyons donc, c’est qu’on en a, des canards, au Québec», que je lui dis. Anne, de son air le plus sérieux, me répond, en détachant toutes les syllabes: «Oui, mais ceux-là, ce sont des canards HOL-LAN-DAIS». Que répondre? Depuis ce temps, à chacun de mes voyages, je prends une photo de canards et je la lui envoie. Aujourd’hui, c’était une photo de canards américains. Ducks from YOU-NAILLE-TEUD-STÉ-TSE.
À Stéphanie, c’est des photos de phare. Parce que la revue Pédagogie collégiale est la revue Phare et reflet du réseau collégial (c’est même dans son descriptif officiel – vous irez voir sur le site de l’AQPC, bande de mécréants!) Tellement phare que même les membres du comité de rédaction n’avaient jamais remarqué que c’était un phare (diablement stylisé) sur la page couverture. Alors, comme je suis secrétaire de réunion, je termine les comptes-rendus de réunions en mettant la photo d’un phare. En Islande, l’an passé, on s’était amusées à prendre toutes sortes de photos de phares pas tellement convaincants. Là, sur la côte Est américaine, mettons que les phares ont l’air des phares. Je regarnis ma banque de photos de phares pour les réunions 2017-2018.
À Francis, ça a adonné de même: j’ai vu son nom sur une pancarte de nom de rue. Pis la photo était fascinante, un peu par hasard: la pancarte, le State Capitol de Providence-Rhode-Island et Azarius. Alors, quand j’ai vu une autre photo que je pouvais faire, à East Hampton, je me suis lâchée lousse. Je suis de même, moi. J’entretiens mes gnaiseries. Et je trouve que j’ai un bon potentiel. Parce que je ris de n’importe quoi. Comme cette annonce sur la devanture du cinéma à East Hampton: «Now hiring – Transformers». Je la ris encore. C’est con, je le sais.

Mon cœur d’enfant a été gâté aujourd’hui: je suis allée visiter l’aquarium de Riverhead, à la jonction de la North Fork et de la South Fork, presque au bout de Long Island. J’aime ça, regarder des poissons. Je sais: j’aurais juste à aller m’installer dans l’entrée de quelque buffet chinois à Montréal et j’aurais le même feeling. Mais je trouve ça plus beau dans un vrai aquarium. 


Parce que j’ai aussi vu des pingouins. Vous connaissez mon amour pour les pingouins et autres manchots. C’est de même. Pour cinquante piasses, j’aurais pu me prendre en selfie avec un pingouin. J’ai beau triper sur ledit animal, y’a toujours ben des émittes à la dépense, que je me suis dit. Je sais être raisonnable, parfois…


L’aquarium de Riverhead a aussi, à côté, une volière à oiseaux et une autre à papillons. J’ai déjà tout vu ça: les papillons au Jardin botanique à Montréal et les poissons à l’aquarium de Québec. Mais j’aime ça revoir des affaires que j’aime. C’est la même affaire avec les humains, je cré ben.





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