dimanche 29 octobre 2017

Tellement



Dimanche de bénévolat tellement agréable, z’avez pas idée. J’ai encore tellement tripé comme une malade.

Arrivée à midi, je me suis installée près de la table des dégustations et j’ai fait comme hier: tchèque s’il reste de l’eau dans les carafes, les remplit au besoin, tchèque s’il reste du vin dans les bouteilles, va en ouvrir d’autres et les apporte à Pierre ou à Manon, tranche du pain, remplit les corbeilles, rapporte les verres sales, en apporte des propres… Tout ça en écrivant quelques textos à Thierry pour lui dire à quel point je tripe tellement d’être exploitée! Parce que je le fais avec tellement de plaisir.

Tellement mauvais ce vin de 1979. Trop d’air dans la vieille bouteille. Un mauvais bouchon, sans doute.


Puisque c’est l’heure du diner, on se relaie un peu dans les tâches. Et là, tout à coup, il me faut servir une dégustation. Bon. Depuis hier que j’écoute tellement Manon et Pierre, je devrais y arriver… «Le second vin de La Rivière, on l’appelle Les Sources de La Rivière. C’est 90% Merlot puis 10% Cabernet Franc. Il est vieilli 12 à 14 mois en cuve en inox pour garder tout le fruit. C’est un 2016. Le premier vin de La Rivière, le Grand Vin, c’est 84% Merlot, puis du Cabernet Sauvignon et du Cabernet Franc, avec 2% de Malbec pour lui donner sa touche un peu poivrée. Ce vin-là est gardé en barrique pendant à peu près un an: un tiers dans une barrique neuve, un tiers dans une barrique un vin, et le dernier tiers dans une barrique deux vins avant l’assemblage. Celui que vous goutez, c’est un 2012. Comme c’est un vin de garde, vous pouvez le garder pendant 10 ou 15 avant de le boire, alors que Les Sources, vous pouvez le boire maintenant et pour les 2 ou 3 prochaines années.» Je me trouvais bonne. Jusqu’à ce que je me rende compte que le petit couple à qui je parlais n’avait absolument tellement rien compris… «What did you say?» Ah ben bâtard. Ma première dégustation, toi, fallait que je la recommence en anglais!!! Déjà que je n’ai pas tous les termes en français, il fallait en plus que je traduise tout ça en anglais. Ben, c’était pas pire pantoute. Disons que je l’ai rie pas mal, celle-là. Et que la situation me faisait tellement penser à Francis qui a commencé son cours de cinéma en français… pour se rendre compte qu’il avait une classe d’anglophones dans la face. Touttttte est tellement dans toutttte.
Des dégustations, entre mon charoyage de verres et de bouttes de pain, j’en ai fait sans doute une bonne quarantaine. Un moment donné, je faisais même ça avec Xavier, le directeur général… T’sais, le DG pis la stagiaire québécoise à la même table... Tellement bizarre!...
Au final, plus de 2200 personnes sur les deux jours (pour faire plaisir à Xavier, on pourrait monter à 2500!). Et des dizaines de cadavres. Il y a longtemps que je n'hésite plus quand j'ouvre une bouteille... mais là, je me suis tellement donnée que même les (quelques) bouchons récalcitrants n'ont pas gagné!


On a fini ça vers 18h30, le temps que les derniers qui ont visité les caves souterraines sortent de la grotte. Puis, on s’est ramassé et on a pris un peu de champagne pour finir ça tellement en beauté.



Un peu plus tard, j’étais dans la voiture pour rendre à Bordeaux et j’avais un espèce de sourire tellement niaiseux dans la face. Je repensais à ma fin de semaine où j’ai tellement envoyé valser dans les vignes mon planning pour les deux jours (messembre que j’ai déjà écrit ça, moi…). Je repensais au Château Julie que je suis allée voir ce matin, sur ma route pour La Rivière. Je repensais à toutes les dégustations que j’ai fait faire. Je repensais à Pierre et Manon avec qui j’ai passé des heures tellement agréables. Je repensais aux niaiseries tellement niaiseuses échangées avec Manon, chaleureusement baptisée «ma p'tite Caribou d’adoption» (parce que la Caribou, c’est moi!). Je repensais à l’invitation de Xavier: «Tu reviens quand tu veux et on te loge dans une des chambres d’hôtes… Mais oui, avec grand plaisir!», a-t-il ajouté devant ma face tellement interloquée. Je suis tellement sans connaissance! Je repensais à mes derniers échanges avec Anne, Nathalie et Manon: «Je reviendrai. Sans doute en juin. Oui, en juin.» «Ouais, ben on t’attend!!!» Ah ben, tellement.

Et là, de retour à l’apparte, je pique une longue jase avec Esteban, le fils ainé de Thierry: on parle du Québec, de voyages, de découvertes, de neige, de ski. On mange ensemble et il me pique des olives dans mon assiette. Non mais, tellement charmant, le grand. Faut dire qu’il a l’âge de mes étudiants… et que je les aime tellement, à cet âge-là. Je dois savoir m’y prendre!...  Je lui montre des photos d’Azarius, de l’Arizona où je suis allée en 2011, de ma voiture ensevelie sous tellement de neige… et il a tellement juste envie de partir. Et puis il y a moi qui me dis que je fais tellement une belle vie. Que j’ai la chance de croiser des gens avec qui le partage est tellement facile! Sans doute y suis-je pour quelque chose...

Tellement une chance qu’on avait reculé nos montres d’une heure pour profiter, encore plus, de cette tellement belle journée!



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