jeudi 21 juin 2018

Demi-bassin


Retour sur la moitié sud du bassin d’Arcachon en ce jeudi chaud. Pourquoi la moitié? Parce que je n’avais pas envie de me taper Cap Ferret et sa circulation d’enfer au retour. Vous allez me dire qu’on est un petit jeudi de semaine et vous aurez raison. Sauf que c’est la fête de la musique (la quoi?) partout, dans tous les villages, dans tous les quartiers… Et je me disais qu’il valait mieux ne pas aller me foutre dans un cul-de-sac touristique.

Énéwé, je voulais surtout refaire des images vidéos de la dune du Pilat, cette étrangeté de sable qui a poussé là, là, comme ça, sur le bord de la mer. J’ai donc fait des images. Pis ça, c’est au sud.

Mais… je voulais aussi aller manger des huitres. Parce que le bassin d’Arcachon (au complet!) est une pouponnière à huitres. J’ai posé deutwa questions à des producteurs pour apprendre que l’huitre qu’on mange, ben, elle a trois-ans-trois-ans-et-demi. Quand elle nait (naturellement dans le bassin), elle a la grosseur d’un bout d’ongle. Régulièrement les producteurs d’huitres doivent réimplanter les bébés huitres dans des sacs pour qu’elles grossissent. Elles vont devenir des ados et elles vont encore devoir être changées de place, pour qu’elles puissent prendre du volume. Comme ça, pendant trois ans. C’est drôle, j’avais comme un regard attendri sur mes huitres, ce midi.

Mais je n’ai jamais compris pourquoi on avait du beurre (demi-sel, en plus!) avec des huitres…  Vous mangez vos huitres avec du beurre, vous? Ben, pas moi. Avec du jus de citron, c’est tout. J’ai mis le beurre sur le pain, comme il se doit.

Pis à la fin, ben, c’est à ça que ça ressemble. 


J’ai longé la moitié sud du bassin jusqu’à Andernos-les-bains. Je me suis installée à une terrasse, j’ai siroté un petit verre de blanc en soutien à ces pauvres bateaux, abandonnés dans la vase, pour cause de marée basse. Je les trouvais tristes. Mais moi, je n’étais pas triste pantoute. J’étais à l’ombre, il y avait un petit vent et je lisais tranquillement un roman… en attendant que l’heure du souper daigne se montrer la face. Et je souriais gnaiseusement. J’ai donc recommencé même si les huitres, en cette première journée d’été, ne sont pas à leur meilleur. Elles sont un peu trop laiteuses à mon gout. Il leur faudrait trois semaines de vie, encore.




C’est la fête de la musique, je vous disais. Alors, j’ai écouté (et je me suis fait aller le bassin un peu, c’était concept…) de la musique des années 80 qu’un DJ (prononcez bien didji, à la française) faisait jouer pour le peuple, à Andernos. Mais il a fallu que je rentre.


J’aillais presque dire que je connais mon Bordeaux. Parce que, merde, j’ai dû faire des détours incommensurables pour être capable de regagner l’appartement.  Alors que je devais décider si j’empruntais la rocade intérieure ou la rocade extérieure pour rentrer (les deux sont possibles, c’est la même autoroute qui fait le grand tour de Bordeaux), je vois une affiche qui dit que la rocade extérieure est fermée entre les sorties 20 et 23. Ben, ça vient de décider pour moi, parce que je dois sortir à 24. Je viens pour enligner l’entrée pour la rocade intérieure… ben non, toué. Elle est fermée! C’était pas annoncé pantoute. Niet. J’ai fait trois fois le rond-point parce que je n’en revenais pas. D’autant plus qu’aucune indication de déviation n’était indiquée. D’habitude, pour ça, ils l’ont l’affaire, les Français. Ben, je me suis ramassée dans les petites rues de Mérignac, en lointaine banlieue. J’ai suivi des indications louches qui allaient me mener quelque part, je ne savais pas trop où. Un moment donné est apparue une pancarte «Bordeaux». Ah ben. J’ai suivi les indications. Je me suis ramassée au centre-ville, près de Mériadeck. J’ai viraillé sur Cours Gambetta et sur un paquet d’autres rues que je ne pourrais pas nommer, mais que j’avais déjà vues… à pied! J’ai presque eu envie de suivre «ma» ligne de tramway qui passe dans mon quartier. Ça aurait été safe, je l’ai déjà fait (à Lyon et à Marseille…) Je suis passée tout près des halles des Chartrons en me disant que c’était ben beau que je sois là (je situe bien les halles des Chartrons… à pied!), mais qu’il fallait que je trouve le moyen de repérer quelque chose de plus connu que ça, en char. Tout à coup, au bout de la rue que je suivais, je sens que je me repère: eh ben oui. C’est la rue qui va au pont Jacques-Chaban-Delmas! J’avais la base sous-marine à peu près dans la face. Allez hop! Je tourne à droite et voici le pont drette en face de moi! Cinq minutes après, j’étais rendue… Ouf. Une chance que, malgré tous les partys de musique que j’ai croisés sur mon chemin, ça ne s’est pas trop étiré et que je n’ai pas été prise dans des bouchons.
J’en tire une grande conclusion qui pourrait vous être utile un jour: revenir du bassin d’Arcachon, ce n’est JAMAIS simple.

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