Retour sur la moitié sud du bassin d’Arcachon en ce jeudi
chaud. Pourquoi la moitié? Parce que je n’avais pas envie de me taper Cap
Ferret et sa circulation d’enfer au retour. Vous allez me dire qu’on est un
petit jeudi de semaine et vous aurez raison. Sauf que c’est la fête de la musique
(la quoi?) partout, dans tous les villages, dans tous les quartiers… Et je me
disais qu’il valait mieux ne pas aller me foutre dans un cul-de-sac touristique.
Énéwé, je voulais surtout refaire des images vidéos de la
dune du Pilat, cette étrangeté de sable qui a poussé là, là, comme ça, sur le
bord de la mer. J’ai donc fait des images. Pis ça, c’est au sud.
Mais… je voulais aussi aller manger des huitres. Parce que
le bassin d’Arcachon (au complet!) est une pouponnière à huitres. J’ai posé
deutwa questions à des producteurs pour apprendre que l’huitre qu’on mange,
ben, elle a trois-ans-trois-ans-et-demi. Quand elle nait (naturellement dans le
bassin), elle a la grosseur d’un bout d’ongle. Régulièrement les producteurs d’huitres
doivent réimplanter les bébés huitres dans des sacs pour qu’elles grossissent.
Elles vont devenir des ados et elles vont encore devoir être changées de place,
pour qu’elles puissent prendre du volume. Comme ça, pendant trois ans. C’est
drôle, j’avais comme un regard attendri sur mes huitres, ce midi.
Mais je n’ai jamais compris pourquoi on avait du beurre
(demi-sel, en plus!) avec des huitres…
Vous mangez vos huitres avec du beurre, vous? Ben, pas moi. Avec du jus
de citron, c’est tout. J’ai mis le beurre sur le pain, comme il se doit.
Pis à la fin, ben, c’est à ça que ça ressemble.
J’ai longé la moitié sud du bassin jusqu’à
Andernos-les-bains. Je me suis installée à une terrasse, j’ai siroté un petit
verre de blanc en soutien à ces pauvres bateaux, abandonnés dans la vase, pour
cause de marée basse. Je les trouvais tristes. Mais moi, je n’étais pas triste
pantoute. J’étais à l’ombre, il y avait un petit vent et je lisais
tranquillement un roman… en attendant que l’heure du souper daigne se montrer
la face. Et je souriais gnaiseusement. J’ai donc recommencé même si les
huitres, en cette première journée d’été, ne sont pas à leur meilleur. Elles
sont un peu trop laiteuses à mon gout. Il leur faudrait trois semaines de vie,
encore.
C’est la fête de la musique, je vous disais. Alors, j’ai
écouté (et je me suis fait aller le bassin un peu, c’était concept…) de la
musique des années 80 qu’un DJ (prononcez bien didji, à la française) faisait
jouer pour le peuple, à Andernos. Mais il a fallu que je rentre.
J’aillais presque dire que je connais mon Bordeaux. Parce
que, merde, j’ai dû faire des détours incommensurables pour être capable de
regagner l’appartement. Alors que je
devais décider si j’empruntais la rocade intérieure ou la rocade extérieure
pour rentrer (les deux sont possibles, c’est la même autoroute qui fait le
grand tour de Bordeaux), je vois une affiche qui dit que la rocade extérieure
est fermée entre les sorties 20 et 23. Ben, ça vient de décider pour moi, parce
que je dois sortir à 24. Je viens pour enligner l’entrée pour la rocade
intérieure… ben non, toué. Elle est fermée! C’était pas annoncé pantoute. Niet.
J’ai fait trois fois le rond-point parce que je n’en revenais pas. D’autant
plus qu’aucune indication de déviation n’était indiquée. D’habitude, pour ça,
ils l’ont l’affaire, les Français. Ben, je me suis ramassée dans les petites
rues de Mérignac, en lointaine banlieue. J’ai suivi des indications louches qui
allaient me mener quelque part, je ne savais pas trop où. Un moment donné est
apparue une pancarte «Bordeaux». Ah ben. J’ai suivi les indications. Je me suis
ramassée au centre-ville, près de Mériadeck. J’ai viraillé sur Cours Gambetta
et sur un paquet d’autres rues que je ne pourrais pas nommer, mais que j’avais
déjà vues… à pied! J’ai presque eu envie de suivre «ma» ligne de tramway qui
passe dans mon quartier. Ça aurait été safe,
je l’ai déjà fait (à Lyon et à Marseille…) Je suis passée tout près des
halles des Chartrons en me disant que c’était ben beau que je sois là (je situe
bien les halles des Chartrons… à pied!), mais qu’il fallait que je trouve le
moyen de repérer quelque chose de plus connu que ça, en char. Tout à coup, au
bout de la rue que je suivais, je sens que je me repère: eh ben oui. C’est la
rue qui va au pont Jacques-Chaban-Delmas! J’avais la base sous-marine à peu
près dans la face. Allez hop! Je tourne à droite et voici le pont drette en
face de moi! Cinq minutes après, j’étais rendue… Ouf. Une chance que, malgré
tous les partys de musique que j’ai croisés sur mon chemin, ça ne s’est pas
trop étiré et que je n’ai pas été prise dans des bouchons.
J’en tire une grande conclusion qui pourrait vous être utile un jour: revenir du bassin d’Arcachon,
ce n’est JAMAIS simple.
tes huîtres me font envie!
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