lundi 18 juin 2018

Quatre


Dans la nuit de dimanche à lundi, à 4 heures du mat’, j’étais au bord de la crise de nerres. Je me réveille parce que j’ai chaud. La fenêtre est un peu ouverte, ça fait un bébé courant d’air. Ça me pique sur le bras gauche: je me gratte. Ça me pique sur le petit doigt droit: je me gratte. Ça me pique sur le pied droit... Coudon? Est-ce que j’aurais été piquée par quelque moustique un peu trop vorace? C’est que la fenêtre est à peine ouverte. Bzzzzz. QUOI? Il y a des moustiques dans la chambre? Bzzzzz. Je me frappe le bord de la tête, convaincue que ledit moustique veut entrer dans mon oreille. À moins que ce soit une armée complète qui a décidé de m’attaquer. Je m’enfouis sous les couvertures où je sue ma vie. Je sais très bien que si j’en sors un tout petit bout de peau, il sera attaqué derechef par la horde de moustiques qui a envahi ma chambre. Ils sont comme ça, les salauds: ils me vouent un amour que je ne leur rends crissement pas.
J’ai le nez qui émerge à peine de la couette et j’entends quand même la bête féroce tourner autour de moi (à moins que ce ne soit un F-18 de l’armée canadienne). Évidemment, je n’arrive pas à me rendormir, entre le bruit de l’escadron et le sauna des draps. Je serai d’une humeur massacrante demain. Parlez-en à Stéphanie: elle sait. Mais calvinisse, pouvez-vous m’expliquer pourquoi les Français ne mettent pas de moustiquaires aux fenêtres?

J’ai conduit pendant 4 heures en ce lundi pluvieux. Entre Bordeaux et Auch. Un out sur l’autoroute, un bout dans les terres. Comme le ciel s’est dégagé, j’ai découvert le Gers sous un jour plus chouette. Et, comme ça, en sortant de la route, un hôtel IBIS où je m’installe. Au départ pour une seule nuit. Mais ça sera deux. Ça, c’est quatre divisé par deux.
J’ai attendu pendant pas loin de 4 heures, dans le rond-point entre Barbotan-les-Thermes (ne riez pas) et Cazaubon. J’ai espéré, de 22h à 1h30, être à la bonne place… Euréka. Quand j’ai vu arriver une petite camionnette avec quatre lumières jondes qui flashaient, j’ai su que j’avais attendu à la bonne place.
Et là? Euh? Quatre? Huit minutes d’orgasme? Je ne saurais dire. Mais c’était totalement orgasmique de voir passer ces huit (deux fois quatre) pièces d’avion. L’immense Airbus 380 en pièces détachées en route vers l’usine de montage Airbus de Toulouse-Blagnac. Y’a fallu que je me ramasse la mâchoire à plusieurs reprises. Un genre de sourire niais. Un genre de rire épais. Mais un genre de bonheur incommensurable. Que vous ne pouvez sans doute pas comprendre…

Une aile

Une autre aile (c'est utile...)

Un boutte de queue

Un nez

Un milieu de corps

Une fin de corps

Pis là, ben, y'est encore quatre heure du mat', pis je m'en vais me coucher...

3 commentaires:

  1. Mais comment t'as su qu'ils allaient passer là cette nuit-là?

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    1. Il y a un site (igg.fr) qui indique les convois du Airbus un an à l'avance. Ça ne s'improvise pas, un truc pareil! Et ça indique la route que ça suit, les heures auxquelles ça va passer...

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