mardi 17 juin 2014

6-5



Toute la journée, je me suis demandé de quoi j’allais vous parler ce soir.  Je me suis dit…

Je voulais vous parler de la visite guidée que j’ai faite de la ville, avec Cheryl, ma gentille guide.  Comme j’étais la seule touriste (oui, oui, la seule), j’ai comme eu une visite privée, mettons.  Ce fut vraiment agréable parce qu’on a pu jaser, et avec John le chauffeur, j’ai pu poser un paquet de questions, elle a fait faire des détours à John pour passer ailleurs pour voir des affaires qui n’étaient pas au programme… Tellement qu’à 15h, à la fin de la journée, on s’est fait un câlin, elle et moi, pour nous remercier mutuellement de la belle journée qu’on venait de passer!

Je voulais vous parler de ma visite à la Pittsburgh University, là où il y a des salles de classe conçues en fonction des pays des travailleurs qui ont construit l’université.  C’est tellement beau, ça ne se dit pas.  Allez voir là:  http://www.nationalityrooms.pitt.edu/  Ça me donnait envie d’être prof à l’université de Pittsburgh, ça.
Je voulais vous parler du tour de bateau que j’ai fait, en fin d’après-midi, sur les rivières Alleghany et Monongahela pour voir Pittsburgh de ses eaux.  Ça donne toujours un autre aperçu sur une ville et j’aime bien ce regard posé autrement.

Je voulais vous dire qu’à force de visiter toutes sortes de villes, j’en viens à faire des choix: où voudrais-je bien habiter?  Ben Pittsburgh vient de s’ajouter à la liste même si, selon Cheryl, c’est la 2e ville dont l’air est le plus pollué après Los Angeles.  La raison? Les vestiges des nombreuses industries d’acier et le fait que la ville, dans son développement, a fait en sorte que les industries se chauffent (et se climatisent) au charbon. Il y a dans l’air de fines particules… que j’ai retrouvées sur ma peau en fin de journée, comme si j’avais passé la journée à la plage. 

Je voulais vous parler du petit tour de métro-tramway que j’ai fait, entre Station Square et North Side. Y’a une partie de la ligne qui est sous terre (pour traverser la rivière Alleghany) et une autre au-dessus. Je ne sais pas pourquoi, mais j’aime tellement ça faire du métro quand je suis ailleurs, moi qui haïs ça comme une possédée en faire à Montréal.

J’aurais voulu vous parler de tout ça, mais j’ai finalement décidé de vous parler du baseball.  Parce que oui, je suis allée voir une game des Pirates, contre les Reds de Cincinnati (une ville pas très loin, même si c’est dans l’état d’à côté, l’Ohio).  Pour 38$, j’étais tout à fait bien placée, ce qui fait qu’une famille peut être un peu plus haut dans les gradins (pour moins cher) et se payer une sortie possible.  Au hockey, on oublie ça, des billets à 38$.  Le fun commence dès 18h (la partie était à 19h05).  Le PNC Stadium commence à se remplir de mangeurs non pas de hotdogs, mais d’ailes de poulet et d’hamburgers déments (je veux dire, y’a personne qu’y’a la mâchoire assez développée pour mordre dans cette épaisseur-là).  On a droit au lancement protocolaire de la balle par un fan de saison.  Évidemment, on a eu droit à l’hymne national, chanté par une classe de 4e année de la ville.  Mais c’est pendant la partie que ça sort de l’ordinaire. Je me demande à quel point le baseball fait vraiment partie de la veillée…  Chaque fois qu’on change d’équipe au batte, il se passe quelque chose: le plus drôle, c’est le tir de hotdogs. Y’a des filles qui sortent avec un genre de carabine dans laquelle elles mettent des hotdogs (dans un sac et avec un petit parachute) et elles tirent ça dans la foule.  Elle doivent bien en tirer une trentaine…  Ça, c’était peut-être à la 3e manche.  En 6e manche, on a eu droit au tir… de la pointe de pizza.  Oui, m’sieudame.  Le tir de la pointe de pizza. Ça ne s’invente pas. 
À l’écran, il y a le «kissing moment». Si on voit nos faces à l’écran géant, il faut nous embrasser (évidemment, ils montrent des gens qui ont l’air en couple…)  Pis le plus beau couple gagne un certificat-cadeau de 250$ dans une bijouterie de Pittsburgh.  Il y a aussi eu le «jeune» de la soirée, la «famille militaire» de la soirée (évidemment, le militaire doit être en uniforme pour être ainsi déclaré), la mamie de la soirée… Toutes ces faces passent à l’écran géant entre les changements au batte.
Évidemment, j’ai pris pour les Pirates.  Je me suis même fait prendre à mon propre jeu.  J’ai applaudi à des retraits sur trois prises, j’ai applaudi à de beaux attrapés. J'ai regardé passer la vague...
Je me suis levée avec la foule au moment d’un superbe double jeu.  Et au moment d’un beau coup sûr qui permettait aux Pirates de remonter la pente.  Parce que ça avait mal commencé.  En 6e manche, ils tiraient de l’arrière 2-5.  Et en 7e, superbe remontée et c’est tout à coup 5-5. C’est pas fini tant que c’est pas fini…  Mais un circuit en solo au début de la 9e manche a permis aux Reds de prendre l’avance 6-5… avance que les Pirates n’ont pas réussi à combler, à leur dernière présence au marbre.  La partie s’est terminée sur un swing dans le vide (je pense que s’il avait fessé la balle, elle serait allée jusqu’à Philadelphie tellement le joueur y a mis toute sa volonté) alors qu’il y avait deux hommes sur les buts.
Ce que j’aime du baseball, c’est que c’est lent… Bon, peut-être un peu trop parfois. Mais ça permet à des papys et des mamies de suivre attentivement et de tout noter dans leur cahier de match.  Là, faut être fan pas à peu près. Papy, ici, a tapé des mains (mais jamais sur le rythme) et a pris des notes pendant toute la partie. 

Et le soir, quand il fait beau, il y a un certain plaisir à être dehors…

Et à voir la ville, après la game.


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