vendredi 13 juin 2014

Vendredi 13?



Ce matin, aux petites heures, j’ai entendu hennir les chevaux qui logent à côté du camping.  Bon, comme réveille-matin, c’est totalement dépaysant. C’est juste qu’à 5h, ils auraient pu laisser faire.
J’avais une idée en tête pour ce vendredi: faire la visite guidée des champs de bataille de Gettysburg. À 12h, alors que notre troupeau (avec son guide) vient de sortir de l’autobus pour aller visiter les canons sur roues, un orage s’annonce.  Parce que le terrain est vallonneux, on voit les éclairs au loin et on entend le tonnerre qui gronde. Bon, on va revenir plus vite que prévu dans l’autobus. Une chance!  Le déluge…  J’ai toujours aimé ça, les orages. Sauf que là, on ne voit rien. Et en plus, je n’entends rien. Pas tout à fait exact: je ne comprends rien serait plus vrai. Le guide a un accent du tonnerre (c’est le cas de le dire!) et comme mes connaissances sur la guerre civile américaine sont minces (voir le billet d’hier) et que mon vocabulaire anglais pour parler de la guerre est encore plus mince, ben… je ne comprends pas vraiment ce qu’il raconte. Il a fait des jokes et j’étais la seule à ne pas rire dans l’autobus…  Mais avouez que la ronne de deux heures en valait la peine: juste pour voir ça. Un des champs de bataille où périrent des milliers de jeunes américains, habillés de bleu ou de gris, selon leur allégeance. Le brouillard humide dû à la pluie qui s’évapore rend le lieu encore plus sinistre… ou beau, c’est selon.

Après le tour des champs de bataille, alors que la pluie s’était calmée, j’ai voulu diner dans Azarius.  Avec les 28 degrés qu’il faisait, ajoutés au 528% d’humidité, c’était insupportable dans le camion. J’en suis ressortie trempe en navette... Je suis allée visiter le «Hall of presidents». Un truc assez intéressant pour en apprendre sur l’histoire du pays. Tous les présidents sont là, en cire. Et ils «parlent», l’un après l’autre, de leurs réalisations.  Les 44 sont là. De George Washington à Barack Obama.  Bon, les artistes qui ont conçu les mannequins en cire ont sans aucun doute coulé leur cours parce que les personnages ne sont absolument pas ressemblant (du moins, les présidents que je connais), mais ça fait un bon tour d’horizon… Mais comme l’air climatisé était au max, je suis ressortie de là complètement gelée.
En me cherchant une épicerie, j’ai fait un petit (petit???) détour et je me suis ramassée en banlieue de Baltimore. J’ai osé fréquenté un Walmart, mais je n’ai rien trouvé de ce que je cherchais. J’en suis toutefois arrivée à la conclusion que la banlieue de Baltimore est fréquentée par des Noirs et que c’est pauvre: même le Walmart faisait pauvre.
Pis ce soir, alors qu’il est passé 22h et que j’entends mon voisin – qui vient d’arriver – essayer de monter sa tente roulotte (gnac gnac gnac), ça sent le feu de camp des scouts qui campent à côté.

Ça aurait pu avoir l’air d’un vendredi 13.

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