Ce matin, aux petites heures, j’ai entendu hennir les
chevaux qui logent à côté du camping.
Bon, comme réveille-matin, c’est totalement dépaysant. C’est juste qu’à
5h, ils auraient pu laisser faire.
J’avais une idée en tête pour ce vendredi: faire la visite
guidée des champs de bataille de Gettysburg. À 12h, alors que notre troupeau
(avec son guide) vient de sortir de l’autobus pour aller visiter les canons sur
roues, un orage s’annonce. Parce que le
terrain est vallonneux, on voit les éclairs au loin et on entend le tonnerre
qui gronde. Bon, on va revenir plus vite que prévu dans l’autobus. Une
chance! Le déluge… J’ai toujours aimé ça, les orages. Sauf que
là, on ne voit rien. Et en plus, je n’entends rien. Pas tout à fait exact: je
ne comprends rien serait plus vrai. Le guide a un accent du tonnerre (c’est le
cas de le dire!) et comme mes connaissances sur la guerre civile américaine
sont minces (voir le billet d’hier) et que mon vocabulaire anglais pour parler
de la guerre est encore plus mince, ben… je ne comprends pas vraiment ce qu’il
raconte. Il a fait des jokes et j’étais
la seule à ne pas rire dans l’autobus…
Mais avouez que la ronne de
deux heures en valait la peine: juste pour voir ça. Un des champs de bataille
où périrent des milliers de jeunes américains, habillés de bleu ou de gris,
selon leur allégeance. Le brouillard humide dû à la pluie qui s’évapore rend le
lieu encore plus sinistre… ou beau, c’est selon.
Après le tour des champs de bataille, alors que la pluie s’était
calmée, j’ai voulu diner dans Azarius.
Avec les 28 degrés qu’il faisait, ajoutés au 528% d’humidité, c’était
insupportable dans le camion. J’en suis ressortie trempe en navette... Je suis
allée visiter le «Hall of presidents». Un truc assez intéressant pour en
apprendre sur l’histoire du pays. Tous les présidents sont là, en cire. Et ils «parlent»,
l’un après l’autre, de leurs réalisations.
Les 44 sont là. De George Washington à Barack Obama. Bon, les artistes qui ont conçu les
mannequins en cire ont sans aucun doute coulé leur cours parce que les
personnages ne sont absolument pas ressemblant (du moins, les présidents que je
connais), mais ça fait un bon tour d’horizon… Mais comme l’air climatisé était au
max, je suis ressortie de là complètement gelée.
En me cherchant une épicerie, j’ai fait un petit (petit???)
détour et je me suis ramassée en banlieue de Baltimore. J’ai osé fréquenté un
Walmart, mais je n’ai rien trouvé de ce que je cherchais. J’en suis toutefois
arrivée à la conclusion que la banlieue de Baltimore est fréquentée par des
Noirs et que c’est pauvre: même le Walmart faisait pauvre.
Pis ce soir, alors qu’il est passé 22h et que j’entends mon
voisin – qui vient d’arriver – essayer de monter sa tente roulotte (gnac gnac
gnac), ça sent le feu de camp des scouts qui campent à côté.
Ça aurait pu avoir l’air d’un vendredi 13.
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